Press "Enter" to skip to content

Covid-19 : aux États-Unis, un comité d’experts recommande le vaccin Johnson & Johnson

Le vaccin Johnson & Johnson, qui ne s'administre qu'en une seule dose et peut être stocké à des températures de réfrigérateur, a reçu vendredi l'avis favorable d'un comité d'experts américains, dernière étape avant le feu vert de l'Agence américaine des médicaments. Un comité d'experts a recommandé vendredi 26 février la mise sur le marché du vaccin de Johnson & Johnson aux États-Unis, ouvrant ainsi la voie à la distribution imminente de plusieurs millions de doses d'un troisième vaccin contre le Covid-19 dans le pays.Les membres du comité d'experts, une vingtaine de scientifiques indépendants, ont tous estimé, par vote, que les bénéfices du vaccin pour les personnes âgées de 18 ans et plus l'emportaient sur les risques de son utilisation. Plusieurs ont évoqué, pour justifier leur décision, la "course" contre le temps induite par la pandémie, le manque de doses de vaccins déjà autorisés immédiatement disponibles, et l'apparition de nouveaux variants.Le vaccin Johnson & Johnson présente deux avantages logistiques conséquents : il ne s'administre qu'en une seule dose et peut être stocké à des températures de réfrigérateur.Le feu vert final devra maintenant être donné par l'Agence américaine des médicaments, la FDA. L'autorisation conditionnelle du vaccin de Johnson & Johnson fait en réalité peu de doute, la FDA ayant elle-même rendu publique une série de documents plus tôt cette semaine, dans lesquels elle a confirmé l'efficacité du vaccin.Un 3e vaccin autorisé au CanadaAu Canada, un troisième vaccin a été autorisé vendredi, celui du géant pharmaceutique AstraZeneca, déjà largement utilisé à travers le monde. Ce vaccin à vecteur viral, mis au point par l'université d'Oxford au Royaume-Uni et le géant pharmaceutique anglo-suédois, avait connu des déboires ces dernières semaines, son efficacité n'ayant pas été jugée suffisamment probante pour les personnes âgées de plus de 65 ans et dans les pays où les variants circulent.De son côté, l'Autriche étudie la possibilité d'importer le vaccin russe Spoutnik V, déjà utilisé en Hongrie. La formule russe attend toujours le feu vert de l'Agence européenne des médicaments (EMA) avant d'être éventuellement déployée dans l'ensemble des 27 pays membres de l'Union européenne.En Asie, Hong Kong et la Corée du Sud ont donné vendredi le coup d'envoi de leurs campagnes de vaccination. La Corée du Sud prévoit de vacciner dans les sept prochains mois 70 % de sa population tandis que Hong Kong espère que l'ensemble des adultes seront vaccinés avant la fin de l'année.Accès équitablePour tenter de contrecarrer les inégalités entre les pays flagrantes depuis le début de la campagne de vaccination contre le Covid-19, l'ONU a adopté vendredi à l'unanimité une résolution exigeant l'équité dans l'accès aux vaccins. Cette résolution, qui appelle aussi à la solidarité et à des cessez-le-feu dans le monde pour mieux lutter contre le virus et procéder aux vaccinations, a été co-parrainée par l'ensemble des 15 membres du Conseil de sécurité, un fait rare. Reste à savoir si cet appel sera entendu et débouchera sur des mesures concrètes. Plus de 200 millions de doses de vaccin ont pour l'instant été administrées dans le monde, mais leur répartition a été inégale entre des nations riches qui se taillent la part du lion et des États pauvres qui patientent.ReconfinementAprès une forte hausse des infections, le gouvernement tchèque a déclaré vendredi soir un confinement partiel à partir du 1er mars, le taux de contamination par le Covid-19 par habitant en République tchèque étant le plus élevé du monde. Les Tchèques auront interdiction de se déplacer en dehors des départements de leurs lieux de résidence et devront porter des masques à l'extérieur dans les zones habitées et sur les lieux de travail.La France attend avec résignation un éventuel reconfinement sur une partie de son territoire pour lutter contre la pandémie, tandis que le gouvernement a réaffirmé sa volonté de prendre son temps face aux enjeux économiques et sociaux d'une telle décision. Une partie du littoral méditerranéen de la Côte d'Azur, autour de Nice (sud-est) et l'agglomération de Dunkerque sur la mer du Nord vont déjà être confinés ce week-end et le suivant. Et 20 départements (sur 101) couvrant Paris, Lyon et Marseille, où les cas de coronavirus menacent de flamber, sont placés sous "surveillance accrue" par les autorités.La pandémie a fait plus de 2,5 millions de morts dans le monde depuis décembre 2019, selon un bilan établi par l'AFP vendredi matin. Plus de 112,9 millions de cas de contamination ont été diagnostiqués. Les États-Unis sont le pays le plus endeuillé avec 508 314 morts, devant le Brésil (251 498), le Mexique (183 692), l'Inde (156 825) et le Royaume-Uni (122 070).Avec AFP

L’ambassadeur de Birmanie à l’ONU rompt spectaculairement avec la junte

Kyaw Moe Tun a réclamé, vendredi lors d'un discours très remarqué à l'ONU, la fin immédiate du coup d'État militaire en Birmanie. Des trémolos dans la voix, l'ambassadeur rebelle a achevé son discours en birman avec trois doigts levés, symbole de la protestation dans son pays. L'ambassadeur de Birmanie à l'ONU, Kyaw Moe Tun, a rompu spectaculairement vendredi 26 février à l'Assemblée générale de l'ONU avec la junte militaire. "Nous avons besoin de l'action la plus forte de la communauté internationale pour mettre fin immédiatement au coup d'État militaire, à l'oppression du peuple innocent et pour rendre le pouvoir de l'État au peuple", a affirmé ce diplomate.Son discours d'une douzaine de minutes a été empreint d'une émotion difficilement dissimulée, avec des trémolos dans la voix, et ponctué de quelques phrases en birman et du geste de ralliement des manifestants réclamant le retour de la démocratie en Birmanie, trois doigts levés.Son intervention s'est achevée par une salve d'applaudissements dans le grand amphithéâtre de l'Assemblée générale et des félicitations adressées par d'autres intervenants, comme par le représentant de l'Union européenne, Olof Skoog. L'ambassadrice britannique à l'ONU, Barbara Woodward, a rendu "hommage au courage" de son homologue birman.Washington le salue"Je salue la déclaration courageuse" du représentant birman, a aussi affirmé la nouvelle ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield, entrée en fonctions jeudi et dont c'était la première participation à une réunion à l'ONU. Sur Twitter, le secrétaire d'État Antony Blinken a également relevé "la déclaration courageuse et claire" de l'ambassadeur birman et celles de "ceux en Birmanie qui font entendre leur voix".Les cas d'ambassadeurs s'élevant en séance contre leurs autorités sont très rares à l'ONU, le dernier cas remontant à dix ans, en 2011, lorsque le représentant libyen s'était opposé au dictateur Mouammar Kadhafi en pleine révolte libyenne.Kyaw Moe Tun a réclamé que les membres de l'ONU ne reconnaissent pas le régime militaire qui s'est approprié le pouvoir le 1er février, et ne coopèrent pas avec lui. "Nous continuerons à nous battre pour un gouvernement qui soit du peuple, par le peuple, pour le peuple", a-t-il promis."Cruel et inhumain"Juste avant sa prise de parole, lors d'une session spéciale des 193 membres de l'Organisation consacrée à la Birmanie à l'initiative notamment de l'Union européenne et des États-Unis, l'émissaire de l'ONU pour ce pays, Christine Schraner Burgener, avait condamné "fermement" la répression exercée par la junte.Il faut "envoyer collectivement un signal clair en faveur de la démocratie en Birmanie". "Les actions de l'armée ne sont pas justifiées et nous devons continuer d'appeler au renversement de cette situation inadmissible, en épuisant toutes les voies collectives et bilatérales pour rétablir la Birmanie sur la voie de la réforme démocratique", avait-elle ajouté, en déplorant le refus de la junte de l'autoriser à se rendre dans le pays.L'ONU a conditionné une telle visite à la possibilité de rencontrer Aung San Suu Kyi, mise au secret depuis le coup d'État du 1er février, ce que la junte refuse catégoriquement jusqu'à présent, selon des diplomates.Se démarquant du ton offensif de la plupart des intervenants, l'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, a réaffirmé la position chinoise selon laquelle "ce qui se passe en Birmanie est par essence une affaire interne". Il a toutefois indiqué que la Chine, qui favorise un règlement via l'Asean, "discutait avec les parties concernées en Birmanie pour faciliter une désescalade et un retour à la normale à une date rapprochée". "Toutes les parties doivent s'abstenir d'intensifier les tensions, d'aggraver la situation et de recourir à la violence, afin d'éviter un bain de sang", a-t-il aussi demandé.Avec AFP

L’actu en dessin : le bras de fer sur le nucléaire iranien se poursuit avec les États-Unis

Cette semaine, les discussions entre les États-Unis et l'Iran sur le nucléaire iranien ont inspiré les dessinateurs de Cartooning for Peace. Le dessinateur éditorialiste norvégien Roar Hagen illustre le président américain, Joe Biden, et son homologue iranien autour d'un missile, traduisant le bras de fer qui s'engage sur la question. Les pourparlers ont repris entre les États-Unis et l'Iran après l'arrivée du nouveau président américain, Joe Biden, à la Maison Blanche, afin de revenir au fameux accord sur le nucléaire signé en 2015 sous le mandat de Barack Obama.En 2018, le président Trump annonçait le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne et augmentait le niveau des sanctions économiques contre l’Iran.Toutefois, malgré les mains tendues par l'administration Biden, l’Iran limite depuis le 23 février les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur ses activités nucléaires, et continue à produire de l’uranium faiblement enrichi, au-delà des quantités autorisées par l’accord de 2015.Cartooning for Peace se penche cette semaine sur cette actualité. Roar Hagen – artiste et dessinateur éditorialiste norvégien – représentant Joe Biden et son homologue iranien de part et d'autre d'un missile, traduisant un bras de fer qui risque de durer.Cartooning for Peace est un réseau international de dessinateurs engagés à promouvoir, par l’universalité du dessin de presse, la liberté d’expression, les droits de l’Homme et le respect mutuel entre des populations de différentes cultures ou croyances.

Russie : Alexeï Navalny transféré en colonie pénitentiaire pour purger sa peine

L'activiste russe Alexeï Navalny a été transféré vendredi depuis la prison de Moscou vers une colonie pénitentiaire, où il doit purger une peine de deux ans et demi d'emprisonnement, a annoncé le patron du service des prisons russes. Il ajoute qu'il ne pèse sur l'opposant "aucune menace à sa vie ou sa santé". Alexeï Navalny en colonie pénitentiaire. L’opposant russe a été envoyé dans un centre de détention où il doit purger une peine de deux ans et demi d’emprisonnement, a confirmé, vendredi 26 février, le patron du service des prisons russe (FSIN). "Il a été transféré à l'endroit où il est censé se trouver par décision du tribunal", a déclaré Alexandre Kalachnikov, cité par les agences de presse russes, ajoutant qu'il ne pèse sur Alexeï Navalny "aucune menace à sa vie ou sa santé". L'opposant "effectuera sa sentence dans des conditions absolument normales", a-t-il précisé, assurant qu'"Alexeï Navalny, s'il le souhaite, prendra part à des activités de production". Héritage de l'Union soviétique, la plupart des peines d'emprisonnement en Russie sont effectuées dans des camps pénitentiaires situés parfois loin de tout. Le travail des détenus, habituellement dans des ateliers de couture ou de fabrication de meubles, y est souvent obligatoire. >> À lire aussi sur France24.com : Alexeï Navalny ou le parcours semé d'embûches d'un militant anticorruptionLieu de détention inconnu Une porte-parole du FSIN a expliqué à l'AFP ne pas pouvoir donner de détail sur le lieu de détention d'Alexeï Navalny, n'ayant pas le droit de révéler des données personnelles sur les détenus. L'avocat de l'opposant, Vadim Kobzev, a pour sa part dit à l'AFP ne pas être au courant de la localisation de son client. Jeudi, les avocats et les proches de l'opposant avaient annoncé son départ du centre de détention moscovite où il était incarcéré depuis son arrestation à son retour en Russie, mi-janvier. La justice russe a confirmé la semaine dernière la sentence de l'opposant de 44 ans, dans une affaire de fraude datant de 2014 que l'intéressé, et de nombreuses capitales occidentales et ONG, dénoncent comme politique. Il avait été arrêté le 17 janvier, à son retour d'Allemagne où il avait passé quasiment cinq mois en convalescence pour se remettre d'un empoisonnement dont il accuse le Kremlin. Avec AFP

Nouveau rapt de masse dans une école pour jeunes filles au Nigeria

Des centaines de jeunes filles ont été enlevées, dans la nuit de jeudi à vendredi, par des hommes armés qui ont envahi les dortoirs d'une école du nord-est du Nigeria. Un nouveau kidnapping de masse au Nigeria. Dans la nuit du jeudi 25 au vendredi 16 février, des dizaines d’hommes armés ont envahi une école, dans le nord-est du pays, et enlevés un grand nombre de jeunes filles. Dans un communiqué, la police a annoncé avoir lancé conjointement avec l'armée une opération de recherche et de sauvetage des 317 écolières kidnappées."Des hommes armés ont fait irruption en tirant sporadiquement et ont emmené les filles" lors d’une attaque nocturne contre l'école secondaire publique pour filles de la ville de Jangebe, a déclaré Soulaiman Tanau Anka, le commissaire à l'information de l'État de Zamfara, à Reuters."Selon les informations dont je dispose, ces individus ont fui à bord de plusieurs véhicules, tandis que d’autres ont pris la fuite à pied", a précisé Soulaiman Tanau Anka."Nous sommes en colère et attristés par cette nouvelle attaque brutale contre des écoliers au Nigeria", a déclaré Peter Hawkins, le représentant de l'UNICEF au Nigeria.Il s'agit d'un nouvel enlèvement de masse contre rançon dans cette région, où des groupes armés, appelés des "bandits" terrorisent les populations, volent du bétail et pillent les villages. Troisième enlèvement en trois moisLa semaine dernière, 42 enfants ont été enlevés dans l'État du Niger, dans le centre-ouest du Nigeria, et plus de 300 garçons avaient également été enlevés, début décembre, à Kankara dans l'État de Katsina. >> Nigeria : "Ce nouvel enlèvement marque l’échec de la politique sécuritaire du président Buhari"Ces bandes criminelles se cachent souvent dans des camps, dans la forêt de Rugu, qui s'étend sur quatre États du nord et du centre du Nigeria : ceux de Katsina, de Zamfara, de Kaduna, et du Niger. Ces criminels sont motivés par l'appât du gain, mais certains ont tissé des liens forts avec les groupes jihadistes présents dans le nord-est. Ces violences ont fait plus de 8 000 morts depuis 2011, et forcé plus de 200 000 personnes à fuir leur domicile, selon un rapport du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG) publié en mai 2020. Avec AFP et Reuters

Syrie : les États-Unis procèdent à une frappe meurtrière contre des milices pro-Iran

L'armée américaine a frappé, jeudi, des infrastructures utilisées par des milices pro-iraniennes en Syrie. Selon l'OSDH, au moins 17 combattants pro-Téhéran ont été tués. Il s'agit de la première opération militaire de l'administration de Joe Biden, décidée en réponse aux récentes attaques contre des intérêts occidentaux en Irak. Le président américain, Joe Biden, a autorisé, jeudi 25 février, une frappe en Syrie contre des infrastructures appartenant à ce que le Pentagone a présenté comme des milices soutenues par l'Iran.Qualifiant cette opération militaire de "défensive", le porte-parole du ministère de la Défense américain, John Kirby, a précisé que des frappes avaient détruit "de multiples infrastructures situées à un poste-frontière utilisé par des milices soutenues par l'Iran, notamment le Kataeb Hezbollah"."Les frappes ont été autorisées en réponse aux attaques récentes contre le personnel américain et de la coalition en Irak, et à des menaces toujours en cours contre ce personnel", a-t-il précisé."Les frappes ont détruit trois camions de munitions (...) Il y a beaucoup de morts. Au moins 17 combattants ont péri selon un bilan préliminaire, tous membres du Hachd al-Chaabi", a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, en référence à la puissante coalition de paramilitaires irakiens pro-Iran.Faible risque d'escaladeLes risques d'une escalade de la situation sont faibles, la frappe ayant été de portée limitée.Trois attaques ont été imputées à des groupes armés pro-iraniens en une semaine, au moment où Washington demande des concessions à Téhéran avant de réintégrer l'accord sur le nucléaire dont les États-Unis se sont retirés en 2018 sous l'administration de Donald Trump.Le 22 février, des roquettes sont tombées près de l'ambassade américaine à Bagdad. Deux jours auparavant, des tirs ont visé la base aérienne irakienne de Balad, plus au nord, blessant un employé irakien d'une entreprise américaine chargée de la maintenance de F-16. Le 15 février, des roquettes ont touché une base militaire accueillant des troupes étrangères de la coalition à l'aéroport d'Erbil (nord). Deux personnes ont péri, dont un entrepreneur civil étranger travaillant avec la coalition.MessageBien que le Kataeb Hezbollah n'ait pas revendiqué ces attaques, le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, a assuré que la puissante organisation pro-iranienne en était bien responsable. "Nous sommes certains de la cible que nous avons choisie", a-t-il déclaré à la presse, dans l'avion l'acheminant vers Washington après une visite éclair du porte-avion USS Nimitz au large de la Californie. "Nous savons qui nous avons frappé". "Nous sommes certains que notre cible était utilisée par la milice qui a mené les attaques" récentes contre des intérêts occidentaux en Irak, a-t-il précisé à la presse.Cette frappe a été décidée pour indiquer que les États-Unis souhaitaient punir les milices sans pour autant voir la situation évoluer en conflit, a expliqué un représentant officiel américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat."Cette réponse militaire proportionnée a été menée en parallèle à des mesures diplomatiques, notamment des consultations avec les partenaires de la coalition" antijihadiste en Irak et Syrie, a souligné John Kirby. "L'opération envoie un message sans ambiguïté : le président Biden protégera les forces américaines et celles de la coalition", a-t-il conclu. "En même temps, nous avons agi de façon calculée, afin de calmer la situation dans l'est de la Syrie et en Irak."Avec AFP et Reuters

Passeport vaccinal : la prudence de l’UE face aux risques de discrimination

Le "passeport vaccinal" est perçu par plusieurs pays européens comme un moyen de lever les restrictions mises en place contre le Covid-19. Une initiative qui semble prématurée, en raison du faible pourcentage de personnes vaccinées, des risques de discrimination et des incertitudes liées au degré de protection des vaccins. Le "passeport vaccinal", sera t-il le sésame pour sortir de la crise sanitaire? Tandis que la cadence des vaccinations s'accélère dans le monde, les partisans de la mise en place d'un dispositif permettant de certifier le statut sanitaire d'une personne vaccinée donnent de la voix au niveau européen. Les débats se sont intensifiés en Europe, où plusieurs gouvernements espèrent relancer leurs économies en levant les quarantaines et autres restrictions liées au Covid à tout voyageur vacciné.L'Islande est le premier pays européen à avoir délivré des certificats de vaccination, fin janvier. Plusieurs autres ont déjà annoncé des politiques allant dans ce sens, en délivrant ou en acceptant ces passeports vaccinaux : la Grèce, Chypre, la République tchèque, le Danemark, l'Estonie, la Hongrie, l'Italie, le Portugal, la Slovaquie, l'Espagne, et la Suède. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a annoncé, lundi, que des "certificats de statut" sur le Covid-19 seraient l'un des outils utilisés pour sortir de la crise sanitaire.Atteinte aux libertés individuellesLa mise en place de ces passeports vaccinaux se heurte néanmoins à la réticence de plusieurs membres de l'Union européenne (UE), comme la France ou l'Allemagne, qui mettent en garde contre les discriminations que ce dispositif entraînerait sur les libertés fondamentales des citoyens non-vaccinés. Des inquiétudes relayées ces derniers jours dans deux études publiées au Royaume-Uni, pays européen le plus avancé dans son programme de vaccination."Si certaines personnes n'ont pas accès à ces tests ou vaccins contre le Covid-19, ou qu'elles ne peuvent pas se les payer, elles ne pourront pas prouver leur statut sanitaire, et leurs libertés seront de facto restreintes", affirme Ana Beduschi, une professeure de droit à l'Université d'Exeter au Royaume-Uni, auteure d'une étude sur les questions éthiques autour des passeports vaccinaux. Son travail souligne également les risques en matière de confidentialité des données.Une autre étude publiée le 19 février par la Royal Society conclut que la mise en place de certificats de vaccination est "faisable" si plusieurs critères clefs sont pris en compte. Parmi les douze conditions mises en avant figure notamment la définition précise de l'usage de ces certificats, afin d'éviter des "discriminations dans l'emploi, l'accès aux restaurants, aux centres de santé, aux évènement sportifs ou culturels, aux compagnies d'assurance, aux demandes de logement et d'autres services"."Nous ne prenons pas position pour ou contre [les passeports vaccinaux], mais nous prenons acte du fait que c'est en train de se mettre en place. Plusieurs pays les ont déjà lancés, des entreprises disent qu'elles vont les insérer dans leurs contrats. On doit désormais en parler ouvertement", affirme Melinda Mills, directrice du Centre Leverhulme pour la Science démographique à l'Université d'Oxford et auteure principale de l'étude.Les secteurs du tourisme et de l'aviation sont en première ligne pour réclamer l'introduction de passeports vaccinaux avant tout embarquement. La compagnie aérienne australienne Qantas a évoqué le sujet dès novembre dernier, tandis que les compagnies du Golfe Emirates et Etihad ont annoncé le test prochain d'un pass de voyage conçu par l'Association internationale du transport aérien (IATA). Mais la pression pour un retour à la vie normale concerne bien d'autres domaines. Israël a ainsi annoncé que son certificat de vaccination, le "Badge Vert", serait également utilisé pour permettre l'accès aux lieux de culte, aux salles de sport, aux bars et aux évènements culturels.La France réticenteEn France, le gouvernement affirme que le débat sur les certificats de vaccination est prématuré pour deux raisons : la faible proportion de personnes vaccinées et les incertitudes sur la durée de la protection immunitaire conférée par les vaccins. Les récentes flambées épidémiques liées aux différents variants du coronavirus ont notamment relancé les études sur le degré de protection et la contagiosité des personnes vaccinées.À ce jour, on sait que les vaccins empêchent de développer des formes graves du Covid - à 95 % pour ceux de Pfizer-BioNTech et Moderna, à 70 % pour AstraZeneca - mais on ne sait pas encore s'ils évitent que les personnes vaccinées n'attrapent le virus et ne contaminent les autres. "Aujourd'hui on ne peut pas donner plus de droits à certains qui ont été vaccinés qu'à d'autres qui ne le sont pas encore car ils n'y ont pas accès. La campagne de vaccination se déploie progressivement. Cela serait extrêmement injuste et paradoxal de dire (aux personnes non-vaccinées) vous n'avez pas le droit de ressortir ou de reprendre telle ou telle activité", a déclaré, lundi, sur BFMTV le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune.L'idée de précipiter la réouverture des lieux de culture pour les seules personnes vaccinées a également été écartée par la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.“Je reste opposée au passeport vaccinal qui me semble une atteinte à nos libertés. L’amoureuse des libertés que je suis a du mal à l’imaginer ! Si on en arrivait là, ce serait un recul”, a souligné la ministre, lors de son intervention sur France 2 le 10 février dernier."Harmonisation" des certificats au sein de l'UEL'UE, où seulement 3 % de la population a été vaccinée, avance prudemment sur ce sujet. Les États membres se sont mis d'accord, fin janvier, sur une série de principes visant à harmoniser les certificats de vaccination anti-Covid. Selon la Commission européenne, onze d'entre eux émettent déjà de tels certificats et au moins sept autres se préparent à en lancer.Le dispositif sera d'abord utilisé à des "fins médicales", par exemple si une personne reçoit sa seconde dose de vaccin dans un pays différent de celui où elle a reçu la première. Les autres usages possibles, comme le passeport vaccinal réclamé par la Grèce pour relancer le tourisme, ne sont pas à l'ordre du jour."Il n'y aura pas d'initiatives individuelles non coordonnées sur ce sujet" au niveau européen, a martelé le secrétaire d'État aux Affaires européennes, Clément Beaune. "Certains pays étaient pour aller plus vite, d'autres comme nous étaient plus réticents. On a dit qu'on allait regarder un peu comment ça marche et, en attendant, personne ne le fait".Un attentisme partagé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui ne recommande l'instauration de passeports vaccinaux "pour le moment", citant le faible nombre de personnes vaccinées au niveau mondial.Inégalités d'accès aux vaccinsL'existence d'un tel sésame aggraverait en effet les injustices liées aux très fortes inégalités d'accès aux vaccins entre pays riches et pays pauvres."Ce dont on parle vraiment, c'est de donner des droits et des privilèges qui seront inaccessibles aux personnes qui n'ont pas de passeport vaccinal", a déclaré Alison Thompson, professeur en bioéthique à l'Université de Toronto, lors d'un entretien avec CBC Radio."Cela soulève toutes sortes de problèmes sur l'aspect équitable du passeport vaccinal (...) Il faudra examiner de près les lois liées aux discriminations et aux droits humains pour déterminer comment utiliser convenablement ce genre de technologie".Adaptation de la version en anglais : As more governments mull vaccine passports, critics raise discrimination fears

Paris dénonce la “répression institutionnalisée” des Ouïghours en Chine

Devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a dénoncé, mercredi, un "système de répression institutionnalisé" de la Chine à l'encontre des Ouïghours musulmans dans la région du Xinjiang. La France hausse le ton. Le Quai d'Orsay a dénoncé, mercredi 24 février, un "système de répression institutionnalisé" de la Chine à l'encontre des Ouïghours musulmans dans la région du Xinjiang (nord-ouest) devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU. "De la région chinoise du Xinjiang, nous parviennent des témoignages et des documents concordants, qui font état de pratiques injustifiables à l'encontre des Ouïghours, et d'un système de surveillance et de répression institutionnalisé à grande échelle", a-t-il déclaré lors d'une intervention par visioconférence. "Travail forcé" et "stérilisations forcées" Lundi, la Chine a loué, pour sa part, le développement socio-économique au Xinjiang et au Tibet comme un "exemple éclatant" des progrès de la Chine en matière de droits de l'Homme. Selon des études d'instituts américains et australien, au moins un million de Ouïghours ont été internés dans des "camps" du Xinjiang et certains ont été soumis à du "travail forcé" ou à des "stérilisations forcées". La Chine dément catégoriquement les deux dernières accusations et affirme que les "camps" sont des "centres de formation professionnelle" destinés à éloigner la population de l'extrémisme religieux et du séparatisme, après de nombreux attentats meurtriers commis contre des civils par des Ouïghours. Une "série de régressions considérables"Le chef de la diplomatie française a également déploré une "série de régressions considérables pour les droits de l'Homme" du Bélarus où "l'aspiration démocratique d'un peuple a été balayée par la violence", à la Syrie où le président "Bachar el-Assad continue à faire la guerre à son peuple, avec le concours de ses alliés". Il a aussi rappelé la tentative d'empoisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny "au moyen d'un agent neurotoxique de qualité militaire fabriqué par la Russie". "Après avoir frôlé la mort, Alexeï Navalny est aujourd'hui en prison", a-t-il souligné. Avec AFP

Covid-19 : la Hongrie se démarque de nouveau et inocule le vaccin chinois

La Hongrie a commencé, mercredi, à utiliser le vaccin du laboratoire chinois Sinopharm contre le Covid-19, devenant le premier pays de l'Union européenne à y avoir recours. Le cas s'était déjà présenté pour le vaccin russe Spoutnik V. "Aujourd'hui, nous entamons la vaccination avec les lots chinois", a déclaré, mercredi 24 février, le Premier ministre souverainiste, Viktor Orban, dans un bref message diffusé sur Facebook. Après s'être déjà démarqué en recourant au vaccin russe Spoutnik V, la Hongrie devient à présent le premier pays de l'Union européenne (UE) à recourir aux vaccins du laboratoire chinois Sinopharm vaccin. Les 550 000 premières doses étaient arrivées de Chine mi-février, pour une commande totale de 5 millions, de quoi vacciner un quart de la population de 9,8 millions d'habitants. Le Centre national de la santé publique (NNK) avait donné dans la foulée son approbation finale. Une "troisième vague menace la Hongrie" Viktor Orban, qui avait dit, fin janvier, sa préférence personnelle pour Sinopharm, espère pouvoir se faire vacciner la semaine prochaine. Mais si la campagne progresse, elle n'est cependant pas à un stade suffisamment avancé pour assouplir les restrictions, a prévenu le dirigeant, alors qu'une "troisième vague menace la Hongrie". Ce pays d'Europe centrale enregistre désormais chaque jour une centaine de décès liés au coronavirus, portant le total à plus de 14 550 morts depuis l'émergence de la pandémie, tandis que le nombre de nouvelles contaminations et d'hospitalisations a fortement augmenté en février. Vaccin russe La Hongrie avait par ailleurs approuvé en janvier le vaccin russe, sans attendre le feu vert de l'Agence européenne des médicaments (EMA), et elle a commencé à l'administrer le 12 février malgré les réticences des habitants. À cette occasion, Viktor Orban avait une nouvelle fois critiqué le processus de validation et d'achat des vaccins par l'UE, jugé trop lent. "Chaque jour que nous passerions à attendre Bruxelles, nous perdrions cent vies hongroises", avait alors lancé Viktor Orban. "Pourquoi devrions-nous penser que les experts européens sont plus intelligents que nous, je fais plus confiance" aux experts hongrois. Avec AFP

Après l’avarie d’un Boeing 777, Washington demande un examen approfondi de certains moteurs

L'administration fédérale américaine de l'aviation civile a ordonné mardi l'inspection immédiate des Boeing 777-200 équipés de moteurs similaires à l'appareil United victime d'une avarie au-dessus de Denver. Le gendarme américain de l'aviation (FAA) a ordonné mardi 23 février un examen approfondi des pales des moteurs de Boeing 777 similaires à celui impliqué dans un spectaculaire incident survenu la semaine dernière sur un vol de la compagnie United Airlines avant qu'ils puissent revoler.L'inspection par imagerie thermo-acoustique des pales en titane requise par l'organisation doit permettre de détecter d'éventuelles fissures invisibles à l'œil nu. En fonction des résultats et d'autres éléments de l'enquête en cours, la FAA pourra décider d'imposer aux Boeing 777 équipés de certains moteurs PW4000 fabriqués par Pratt & Whitney et volant aux États-Unis des inspections plus fréquentes.Pluie de débrisLe réacteur droit d'un appareil de ce type exploité par la compagnie United Airlines avait pris feu samedi peu après son décollage de Denver, dans l'ouest des États-Unis, et perdu son carénage. Pendant que l'avion regagnait en urgence l'aéroport, une pluie de débris étaient tombés sur une zone résidentielle de la banlieue de Denver. Personne n'a été blessé et l'appareil a pu se poser sans encombre.Selon les premières conclusions de l'enquête menée indépendamment par le bureau américain en charge de la sécurité des transports, le NTSB, les dommages constatés sur place sont compatibles avec une "fatigue du métal" des pales de la soufflante du moteur fabriqué par Pratt & Whitney. Ce phénomène physique est lié à l'utilisation d'un matériau sur le long terme, qui peut entraîner des fissures et éventuellement une rupture de la structure.Le patron de la FAA, Steve Dickson, avait promis lors d'une conférence en ligne plus tôt dans la journée mardi d'agir rapidement pour déterminer les causes de l'incident et "prendre les mesures nécessaires afin d'éviter qu'un événement similaire se reproduise à l'avenir". L'organisation prévoit de partager avec les autres régulateurs de l'aviation dans le monde la consigne de navigabilité d'urgence exigeant mardi les nouveaux examens.Des inspections déjà renforcéesLa FAA avait déjà exigé un renforcement des inspections après un précédent incident, en 2018, sur un vol de United entre San Francisco et Honolulu, prévoyant alors un examen tous les 6 500 vols.L'organisation a révélé lundi avoir envisagé de durcir encore les inspections après une avarie similaire sur un vol de Japan Airlines en décembre 2020. Mais elle ne l'avait pas encore fait quand est survenu l'incident samedi.Après l'analyse d'éléments liés à cet événement, la FAA "était en train d'évaluer la nécessité d'ajuster les inspections" des pales des soufflantes des moteurs, selon un message transmis à l'AFP.L'incident de samedi a conduit à l'immobilisation de tous les Boeing 777 motorisés par Pratt & Whitney dans le monde, les 69 actuellement en service chez United Airlines, Japan Airlines (JAL), All Nippon Airways (ANA), Asiana et Korean Air, et les 59 en réserve. Pratt & Whitney a déclaré qu'il coopérait avec le NTSB et "continuera(it) à travailler pour assurer l'exploitation sûre de la flotte".Multiples incidentsL'incident représente aussi un coup dur pour Boeing qui se remet à peine des déboires du 737 MAX, son avion vedette cloué au sol pendant près de deux ans après deux accidents mortels.Les avaries semblent se multiplier. Les autorités néerlandaises ont en effet ouvert des enquêtes après la chute samedi de débris d'un avion cargo Boeing 747-400, qui ont blessé deux personnes dans le sud des Pays-Bas.Un Boeing 757 de Delta a aussi dû atterrir en urgence à Salt Lake City lundi, "par précaution à la suite d'un indicateur avertissant d'un éventuel problème avec l'un de ses moteurs", selon la compagnie.L'incident du vol de United Airlines remet par ailleurs sur la sellette la FAA, vivement décriée pour sa supervision en amont de la crise du 737 MAX jugée par beaucoup inadéquate. Plusieurs experts de l'aviation ont aussi mis en avant un éventuel problème de maintenance.Avec AFP