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Climat : cinq ans après sa signature, que reste-t-il de l’accord de Paris ?

Le 12 décembre 2015, un accord historique sur le climat était signé à Paris par 195 pays lors de la COP21, embarquant la planète dans le projet de stabiliser le réchauffement climatique en dessous de 2°C, voire 1,5°C. Cinq ans et une pandémie plus tard, que reste-t-il de ces engagements ? France 24 fait le point.C’est dur d’avoir cinq ans en 2020. En pleine pandémie, et à l’issue d’une année marquée par une crise sanitaire sans précédent, de nouveaux records de températures et de gigantesques feux de forêts en divers points du globe, l’accord de Paris sur le climat fête, samedi 12 décembre, son cinquième anniversaire.Le 12 décembre 2015, était signé à Paris – par 195 pays – le premier traité international visant à réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre afin de contenir le réchauffement climatique en-dessous de 2°C (voire 1,5°C dans la mesure du possible). Un accord "juste, durable, dynamique, équilibré et juridiquement contraignant", avait alors déclaré le président de la COP21, Laurent Fabius, ému aux larmes. Mais cinq ans plus tard, que reste-t-il des engagements pris dans le cadre de cet accord historique ?Vers une augmentation de la température de plus de 3°C"Ce marteau est petit, mais il peut faire de grandes choses", avait déclaré Laurent Fabius au Bourget, scellant l’accord de Paris après plus de dix jours de discussions. En septembre dernier, l’ancien chef de la diplomatie française, alertait, dans son livre "Rouge carbone" (Observatoire), sur le maigre bilan de cet accord.Sur les réseaux sociaux, la jeune militante écologiste suédoise Greta Thunberg a, quant à elle, dénoncé des "promesses vides", affirmant que "nous fonçons toujours dans la mauvaise direction". Un constat confirmé mercredi par le programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) qui, à trois jours de l’anniversaire de l’accord, a publié un rapport peu reluisant.En effet, si les 195 pays signataires s’étaient engagés à contenir le réchauffement climatique sous la barre des 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, la planète pourrait davantage se rapprocher des 3°C de réchauffement, a notamment alerté l’ONU, précisant que la baisse des émissions de gaz à effet de serre induite par la pandémie de coronavirus aurait un effet "insignifiant". Les températures ont d’ailleurs déjà augmenté de 1,1°C par rapport à la période de référence, située à la fin du 19e siècle.Pour la troisième année consécutive, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté, atteignant un niveau record en 2019, avec plus de 59 milliards de tonnes équivalent CO2. Cette aggravation s’explique notamment par la prolifération des feux de forêt, en Australie à l’hiver 2019, puis en Amazonie et en Californie, courant 2020."L'année 2020 est en passe d'être l'une des plus chaudes jamais enregistrées, avec des incendies de forêts, les sécheresses, les tempêtes et la fonte des glaciers qui s'intensifient", résume le programme de l’ONU pour l’environnement. Autant de paramètres qui, couplés à des politiques climatiques inadaptées, pourraient conduire la planète à un réchauffement compris entre 3 et 4°C d’ici 2100, selon ses estimations. "Malgré une brève baisse des émissions de dioxyde de carbone causée par la pandémie de Covid-19, le monde se dirige toujours vers une augmentation de la température de plus de 3°C, bien au-delà des objectifs de l'accord de Paris".Pays pollueurs et objectif de neutralité carboneLe rapport du PNUE alerte particulièrement sur la mauvaise trajectoire des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre, et sur leur échec d’associer les plans de relance liés à la crise sanitaire du Covid-19 à la transition verte.Au cours de la dernière décennie (2009-2019), les quatre principaux émetteurs – la Chine, les États-Unis, l'Union européenne et l'Inde – ont contribué à 55 % du total des émissions de gaz à effet de serre. Des émissions de gaz à effet de serre qui proviennent principalement de la combustion des énergies fossiles pour la consommation d’énergie (charbon, gaz, pétrole), mais aussi de l’industrie, de l’élevage et de la gestion des déchets.Cinq ans après l’accord de Paris, l’ONU, le Royaume-Uni et la France organisent un sommet virtuel de l’ambition climatique, co-présidé par Emmanuel Macron, afin de célébrer l’accord et réitérer ses objectifs. Un sommet qui sera également l’occasion d'encourager les gouvernements à redoubler d’efforts, et qui se révèle d’autant plus nécessaire qu’il est le seul rendez-vous international sur le climat cette année, la COP26 de Glasgow ayant été repoussée à cause de la pandémie.Au cours de ce sommet, seuls les pays dont les annonces "seront à la hauteur de l’ambition que nous [l'ONU, le Royaume-Uni et la France] avons fixée", sont autorisés à s’exprimer a indiqué l’Élysée. Au total, six des dix principaux pays pollueurs sont représentés : la Chine, l’Inde, l’UE, les États-Unis, le Canada, et le Japon.Une trentaine de pays devraient s’engager à atteindre un objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050, selon l'Élysée. Plus d’une cinquantaine doivent en outre s'engager à relever leurs plans climatiques à plus court terme. Le sommet organisé samedi pourrait par ailleurs déboucher sur des promesses d’augmenter les financements climat.>> A lire aussi : Climat : les timides victoires et les gros revers de l'année 2020La France, loin de son objectif"Make our planet great again", avait dit Emmanuel Macron, en juin 2018. Détournant le slogan de campagne de Donald Trump après que celui-ci a annoncé le retrait des États-Unis de l'accord de Paris, le président français s'était alors mué en président écologiste, lançant un an plus tard sa fameuse Convention citoyenne pour le climat.Mais alors que le chef d'État français a présidé, le 8 décembre dernier, un deuxième conseil de défense écologique, celui-ci se voit critiqué sur son bilan environnemental, ses accomplissements n'étant pas à la hauteur des promesses faites au préalable.En effet, le projet de loi climat, issu des propositions soumises par les 150 citoyens tirés au sort, contient 80 articles qui ne reprennent que 40 % des propositions émises par les citoyens de la Convention pour le climat, en juin dernier. Une proportion bien inférieure à ce qu'avait promis le président français qui a par ailleurs utilisé, en juin dernier, trois jokers lui permettant d'évincer certaines propositions, alors que celui-ci avait évoqué une convention sans filtre."Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran", a lancé Emmanuel Macron, lors de son interview par le média Brut, le 4 décembre dernier. Des propos dénoncés par les militants écologistes, dont le secrétaire national du parti Europe Écologie-Les Verts, Julien Bayou, qui n'a pas hésité à comparer le président au produit "Baygon vert", qui "a l'air vert", mais qui "est toxique".Le but de la Convention citoyenne sur le climat était de mettre la France sur les rails de ce pourquoi elle s'était engagée il y a cinq ans, lors de l'accord de Paris : un objectif de -40 % d'émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, et la neutralité carbone d’ici 2050. Or, avec une baisse de 1 % de ses émissions chaque année, la France fait deux à trois fois moins bien que ce qu'elle avait promis.

Anniversaire de l’Accord de Paris : tous masqués contre le changement climatique

Pour marquer les cinq ans de l'Accord de Paris, l'organisation de la COP21 a lancé une action artistique appelant les personnalités du monde entier à porter des masques conçus à partir de matériaux recyclés. Un projet artistique international pour mobiliser contre le réchauffement climatique. Des artistes et des personnalités du monde entier ont répondu présent à l'appel de l'organisation de la COP21 pour marquer les 5 ans de l'Accord de Paris sur le climat, signé le 12 décembre 2015. Dans ce projet vidéo intitulé Maskbook, les personnalités portent des masques conçus par des artistes à partir de matériaux recyclés et portant des messages pour le climat.  Réalisée avec l'association Art of Change 21, cette initiative vise à rappeler l'urgence de la situation et l'importance de l'engagement collectif pour protéger l'environnement, au-delà des actions politiques et diplomatiques.

Covid-19 : face à la deuxième vague, la Suisse adopte des nouvelles restrictions

La Suisse, qui ne parvient pas à maîtriser l'épidémie de Covid-19 avec des taux de contamination parmi les plus élevés en Europe, a adopté vendredi un train de mesures incluant la fermeture des restaurants, bars et magasins à 19 h.La Suisse, qui avait été saluée pour avoir surmonté la première vague de la pandémie de Covid-19 sans trop d'inquiétude ni confinement, n'arrive en revanche pas à surmonter la deuxième vague, qui fait plus d'une centaine de morts par jour."Nous avons un taux d'incidence deux fois plus élevé que l'Allemagne", a alerté la présidente, Simonetta Sommaruga, en présentant, vendredi 11 décembre, un train de mesures incluant la fermeture des restaurants, bars et magasins à 19 h. "Nous nous trouvons dans une situation critique", avec une croissance exponentielle de l'épidémie et des hôpitaux proches de "leurs limites", a-t-elle ajouté. La situation sanitaire en Suisse, qui dispose d'un des taux de contamination les plus élevés en Europe, n'a jamais été aussi mauvaise, avec quelque 5 000 nouveaux cas par jour, contre quelques centaines pendant la première vague, et un taux de positivité des tests qui reste à des niveaux beaucoup trop élevés.Fermeture à 19 h des bars et des restaurantsFace à cette évolution de l'épidémie, le gouvernement a adopté vendredi des restrictions, qui sont toutefois bien moins sévères que dans d'autres pays européens malgré la gravité de la situation. Dès le 12 décembre et jusqu'au 22 janvier, les restaurants et bars devront fermer à 19 h.Les cantons dont l'évolution épidémiologique est favorable peuvent repousser l'heure de fermeture jusqu'à 23 h, ce qui est le cas actuellement dans les cantons romands, a détaillé le ministre de la Santé, Alain Berset, aux journalistes.Les magasins, marchés, musées et bibliothèques, ainsi que les installations de sport et de loisirs devront également fermer à 19 h et les dimanches. Et à quelques exceptions près, comme les offices religieux, toutes les manifestations seront interdites, alors que les activités sportives et culturelles seront autorisées pour les groupes de cinq personnes au maximum.Le gouvernement a, en revanche, renoncé à imposer de nouvelles restrictions pour les rencontres privées, maintenant la limite des dix personnes, enfants compris, et recommande instamment de ne pas se réunir à plus de deux ménages dans le cadre privé.Les stations de ski resteront également ouvertes mais le ministre de la Santé, Alain Berset, a appelé vendredi en conférence de presse les touristes européens à ne pas venir skier en Suisse.Un relâchement dans la population                  Pendant la première vague, durant laquelle les écoles, restaurants et magasins non essentiels avaient été fermés sans toutefois qu'un confinement ne soit instauré, nombre de gens avaient loué la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, axée sur la "responsabilité individuelle" de la population pour respecter les gestes barrières.La levée de ces restrictions a entraîné cet été un relâchement de la population, à l'origine de la deuxième vague. Mais l'épidémie a révélé des divergences entre régions linguistiques – tant du point de vue du nombre de cas que des mesures prises, un fossé baptisé "coronagraben" (fossé du corona).Ainsi, cet automne, après avoir frappé d'abord les cantons latins (francophones et italophones) qui ont pris des mesures, l'épidémie s'est abattue sur les cantons germanophones, peu pressés d'agir malgré les appels répétés du gouvernement qui a finalement décidé d'agir, vendredi. Nombreux estiment que les cantons romands, qui étaient en train de desserrer la vis face au Covid, paient pour le manque de responsabilité des cantons alémaniques.La colère des cantons romands, qui ont diffusé cette semaine un communiqué commun pour exprimer leur grogne face à la gestion de la crise, est d'autant plus forte que le Conseil fédéral avait, depuis le début de la deuxième vague, laissé la main aux cantons.Avec AFP

Cinq ans après l’Accord de Paris, un sommet virtuel pour redoubler d’efforts pour le climat

Des dizaines de chefs d'État et de gouvernements affichent, samedi, leurs ambitions pour lutter contre le réchauffement climatique lors d'un sommet virtuel destiné à relancer les efforts, cinq ans après l'Accord de Paris.Cinq ans après la COP21 qui a débouché sur un pacte climatique historique, un sommet virtuel sur le climat se tient, samedi 12 décembre. Il est co-organisé par l'ONU, le Royaume-Uni et la France, en partenariat avec le Chili et l'Italie. Des dirigeants dont le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel ou le président chinois Xi Jinping, ainsi que des représentants d'entreprises, de la société civile et de peuples indigènes participent à cet événement.Les orateurs ont été sélectionnés en raison de l'ambition de leurs objectifs pour le climat, selon les organisateurs, qui promettent qu'"il n'y aura pas de place pour des déclarations générales". Parmi les absents, le Brésil et l'Australie, aux objectifs jugés insuffisants."Une ambition à vraiment grande échelle"Le sommet, qui se veut aussi une étape en vue de la COP26, organisée en novembre 2021 à Glasgow, en Écosse, sera ouvert par le Premier ministre britannique Boris Johnson à 14 h (heure locale et GMT). "Nos actions en tant que dirigeants ne doivent pas être motivées par la timidité ou la prudence, mais par une ambition à vraiment grande échelle", a-il dit en amont du sommet.Il a annoncé dans un communiqué que le Royaume-Uni allait arrêter "dès que possible" de soutenir financièrement des projets d'énergies fossiles à l'étranger. Le gouvernement britannique s'est en outre engagé à réduire les émissions de CO2 d'au moins 68 % d'ici 2030.Le 12 décembre 2015, sous les vivats des délégations de 195 pays, un coup de maillet avait clôturé 13 jours acharnés de négociations à la réunion de l'ONU sur le climat COP21 : la quasi-totalité de la planète s'était engagée à contenir le réchauffement "nettement" au-dessous de +2°C, et si possible +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.Mais après le souffle historique, l'enthousiasme était retombé, douché un an plus tard par l'élection à la Maison Blanche de Donald Trump qui avait annoncé le retrait de la deuxième économie mondiale de l'Accord de Paris. En dépit de la pression de l'opinion publique, aujourd'hui "les politiques climatiques ne sont toujours pas à la hauteur de l'enjeu", a dénoncé récemment le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. "Nous en sommes à 1,2°C de réchauffement et nous observons déjà des extrêmes climatiques et une volatilité sans précédents", a-t-il insisté.La décennie la plus chaude jamais observéeCanicules, ouragans en série, méga-feux de forêts, inondations... La multiplication des événements dévastateurs est un signe sans équivoque du réchauffement de la planète, qui vient de vivre la décennie la plus chaude jamais observée.Les signataires de l'accord de Paris doivent soumettre d'ici fin 2020 une révision de leurs engagements. Mais seulement une vingtaine de pays, représentant moins de 5 % des émissions mondiales, l'ont déjà fait.Avant le sommet, plusieurs États ont annoncé des plans ambitieux pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Vendredi, les 27 pays de l'UE se sont entendus pour réduire leurs émissions d'"au moins 55 %" d'ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, contre -40 % précédemment, afin d'atteindre en 2050 la neutralité carbone.La Chine, plus grand pollueur au monde, a récemment annoncé son intention d'atteindre la neutralité carbone d'ici 2060, tandis que le président élu Joe Biden s'est engagé à ce que les États-Unis atteignent cet objectif d'ici 2050.Pour le directeur exécutif de Greenpeace, John Sauven, avec ce sommet, "il y a des raisons d'espérer". "Avec Donald Trump hors de la Maison Blanche et une action en faveur du climat plus forte de la Chine, de la Corée du Sud et du Japon, nous avons maintenant une chance de rassembler le monde dans un énorme effort pour réduire les émissions de gaz à effet de serre", a-t-il souligné dans un communiqué.Avec AFP

Iran : l’activiste Rouhollah Zam a été exécuté

Le journaliste Rouhollah Zam, capturé l'année dernière en Iran par les gardiens de la Révolution après des années d'exil en France, a été exécuté. Il avait été reconnu coupable d'avoir fomenté des violences lors des manifestations antigouvernementales de 2017.  L'Iran a exécuté, samedi 12 décembre, l'activiste, Ruhollah Zam, qui avait vécu en exil en France et avait participé à des manifestants contre le pouvoir iranien, a indiqué la télévision d'État."Le "contre-révolutionnaire" Zam a été pendu dans la matinée après la confirmation de sa sentence par la Cour suprême en raison de la "sévérité des crimes" commis contre le république islamique d'Iran, a précisé la télévision.La plus haute instance judiciaire iranienne avait confirmé mardi sa condamnation à mort. Suivi par plus d'un million d'abonnés, Rouhollah Zam avait été condamné après avoir été reconnu coupable d'avoir fomenté des violences lors des manifestations antigouvernementales de 2017.Une arrestation dans des circonstances obscuresRouhollah Zam, qui disposait du statut de réfugié en France, avait été arrêté en octobre 2019, mais l'Iran n'a pas précisé le lieu ni la date des faits, accusant l'opposant quadragénaire d'être "dirigé par le renseignement français et soutenu" par les services secrets des États-Unis et d'Israël. Il avait dirigé un canal, intitulé Amadnews, sur la plateforme de messagerie cryptée Telegram. Les Gardiens de la révolution l'avaient accusé d'avoir mené "une opération psychologique à grande échelle destinée à semer la discorde entre les instances du système (politique de la République islamique d'Iran), à propager l'iranophobie et le mensonge, à susciter le doute à l'égard de la religion parmi la jeune génération, préparer le terrain à des actions violentes et terroristes, et susciter des émeutes et des troubles dans le pays".À la demande des autorités iraniennes, Telegram avait accepté de fermer le canal Amadnews, qui comptait alors près de 1,4 million d'abonnés, pendant les troubles de la fin du mois de décembre 2017, reprochant au canal d'avoir incité à la "violence". Le groupe était rapidement réapparu sous un nouveau nom, "Sedaiemardom" ("La voix du peuple" en français), que le patron de Telegram, Pavel Durov, avait refuser de fermer jugeant alors que ce nouveau groupe appelait "à des manifestations pacifiques".Au moins 25 personnes ont été tuées dans les troubles ayant touché plusieurs dizaines de villes iraniennes entre le 28 décembre 2017 et le 3 janvier 2018. Téhéran avait qualifié de "sédition" ce mouvement de protestation contre la vie chère ayant rapidement pris un tour politique.Avec AFP et Reuters

Hong Kong : le magnat prodémocratie Jimmy Lai inculpé en vertu de la loi sur la sécurité nationale

Le magnat des médias hongkongais Jimmy Lai, critique envers Pékin, a comparu samedi matin devant un tribunal, pour répondre d'une inculpation pour "collusion avec des puissances étrangères", qui lui fait encourir la prison à vie.Jimmy Lai, magnat de la presse hongkongaise et figure du mouvement pro-démocratie, a comparu, samedi 12 décembre, devant un tribunal, après avoir été inculpé la veille de "collusion avec un pays étranger ou avec des éléments extérieurs dans le but de mettre en danger la sécurité nationale". Cette infraction lui fait encourir une peine pouvant aller jusqu'à la prison à perpétuité.Le procureur a assuré au tribunal que l'infraction commise par Jimmy Lai était d'avoir demandé, du 1er juillet au 1er décembre, qu'un pays étranger, une institution, une organisation ou un individu en dehors de la Chine continentale, de Hong Kong et de Macao "impose des sanctions ou un blocus, ou se livre à d'autres activités hostiles" contre Hong Kong et la Chine. Vêtu d'un costume, apparemment calme, Jimmy Lai a déclaré qu'il admettait les accusations.L'un des six magistrats triés sur le volet par le dirigeant pro-Pékin de la ville, Carrie Lam, pour s'occuper des affaires de sécurité nationale, a déclaré que l'accusation avait besoin de temps pour enquêter sur plus d'un millier de messages issus de ses comptes Twitter, des interviews qu'il a données et des visites à l'étranger.Déjà incarcéré pour des accusations de "fraude", il est cette fois-ci accusé d'avoir enfreint cette drastique loi sur la sécurité nationale, imposée fin juin par Pékin et destinée à mettre fin aux manifestations pro-démocratie monstres qui ont secoué le territoire semi-autonome l'an passé. "À l'issue d'une enquête approfondie menée par les services de police en charge de la sécurité nationale, un homme de 73 ans est inculpé pour 'collusion avec un pays étranger ou avec des forces extérieures afin de compromettre la sécurité nationale'", a déclaré la police dans un communiqué. Les infractions liées à cette législation draconienne sont passibles de l'emprisonnement à perpétuité.Londres "très préoccupé" après l'inculpation de Jimmy LaiLe gouvernement britannique s'est dit "très préoccupé" vendredi après son inculpation.    "Le Royaume-Uni reste très préoccupé par la volonté des autorités de Hong Kong de continuer les poursuites judiciaires contre des personnalités pro-démocratie comme Jimmy Lai", a déclaré à la presse un porte-parole du Premier ministre Boris Johnson. "Nous avons soulevé cette affaire auprès des autorités et continuerons de faire pression sur elles au plus haut niveau pour qu'elles cessent de cibler les voix pro-démocratie", a-t-il ajouté. En août, des centaines de policiers avaient réalisé une spectaculaire perquisition, en particulier dans la salle de rédaction de l'Apple Daily.Plusieurs responsables du groupe de presse, dont Jimmy Lai, avaient été arrêtés pour des soupçons de "collusion avec les forces étrangères", dans le cadre de la loi sur la sécurité nationale. La semaine dernière, il avait été placé en détention provisoire jusqu'à son procès pour fraude fixé en avril.Mardi, il doit présenter, devant la Haute Cour, une demande de remise en liberté sous caution pour ce chef d'accusation. La reprise en main musclée de Hong Kong par la Chine s'est accélérée depuis l'entrée en vigueur fin juin de la loi sur la sécurité nationale. Des députés pro-démocratie du Parlement local ont été révoqués alors que des dizaines de militants ont été inculpés ou font l'objet d'une enquête. Qualifié de "traître" par les médias d'État chinoisLa semaine dernière, trois célèbres militants pro-démocratie Joshua Wong, Agnes Chow et Ivan Lam ont été condamnés à de la prison ferme. Vendredi, un militant de 19 ans a été reconnu coupable d'outrage au drapeau chinois et de rassemblement illégal en mais 2019 devant le Parlement local. Jimmy Lai est la quatrième personne accusée d'avoir enfreint cette nouvelle législation controversée, qui laisse place à une large interprétation.Parmi eux, figurent un militant de 19 ans, accusé d'avoir encouragé la sécession sur les réseaux sociaux, un homme ayant foncé avec une moto sur des policiers au cours d'une manifestation ainsi qu'un homme qui a scandé à plusieurs reprises des slogans pro-démocratie en direction de la police.Lors de la perquisition au sein de son journal, des journalistes avaient diffusé des images sur Facebook où Jimmy Lai apparaissait menotté. La Une de l'Apple Daily avait titré le lendemain "Apple va continuer à se battre".Rares sont les Hongkongais à s'attirer autant la haine de Pékin que cet homme, régulièrement qualifié de "traître" par les médias d'Etat chinois qui voient en lui l'instigateur de la contestation de 2019.Avec AFP et Reuters

Covid-19 aux États-Unis : le vaccin Pfizer/BioNTech obtient le feu vert des autorités sanitaires

Les autorités sanitaires américaines ont donné vendredi soir leur feu vert au vaccin Pfizer/BioNTech contre le Covid-19. Selon le président Donald Trump, les premières injections seront administrées "dans moins de 24 heures". Les personnels de santé et les personnes âgées devraient être prioritaires.Les autorités sanitaires américaines (FDA, Food and Drug Administration) ont autorisé vendredi 11 décembre l'utilisation en urgence du vaccin contre le Covid-19 mis au point par le laboratoire américain Pfizer et son partenaire allemand BioNTech.Le président américain Donald Trump, qui a salué "l'une des plus grandes réussites scientifiques de l'histoire", a annoncé dans la foulée que les premières vaccinations se dérouleraient dans les prochaines 24 heures. "Je suis fier de pouvoir dire que nous nous sommes assurés que ce vaccin soit gratuit pour tous les Américains", a-t-il ajouté.Dans l'immédiat, environ trois millions de doses seront expédiées par Pfizer directement aux hôpitaux, pharmacies et sites désignés par chacun des États et quelques grandes villes. Le gouvernement fédéral a décidé de réserver trois autres millions de doses disponibles pour les envoyer trois semaines plus tard, lorsque le rappel du vaccin doit être injecté.Efficace à 95 %"Les gouverneurs décident où les vaccins doivent aller dans leurs États et qui les recevra en premier", a déclaré Donald Trump. "Nous voulons que nos citoyens plus âgés, les soignants et les premiers secours soient les premiers."Les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) avaient recommandé que les pensionnaires des maisons de retraite (3 millions de personnes) et les professionnels du secteur de la santé (21 millions) soient prioritaires. La plupart des États devraient adhérer à ces recommandations.Jamais la FDA n'avait donné son feu vert à un nouveau vaccin aussi rapidement, seulement trois semaines après le dépôt par les entreprises de leur demande.Le vaccin, dont le gouvernement américain a pré-acheté 100 millions de doses, est efficace à 95 %, ce qui signifie qu'il réduit d'autant les chances de contracter le Covid-19. Des millions d'Américains pourraient être vaccinés ce mois-ci, à plus forte raison si le vaccin développé par le laboratoire Moderna était lui aussi approuvé rapidement.Le vaccin mis au point par Pfizer et BioNtech a déjà été administré au Royaume-Uni. Il a aussi été approuvé au Canada, à Bahreïn et au Mexique.L'épidémie de coronavirus a fait plus de 295 000 morts aux États-Unis, le pays le plus touché au monde.Avec Reuters

Présidentielle américaine : la Cour suprême rejette un recours du Texas, nouveau revers pour Trump

Alors que Donald Trump refuse toujours de reconnaître sa défaite à la présidentielle du 3 novembre, la Cour suprême américaine a rejeté vendredi un recours du Texas réclamant l'annulation des résultats dans quatre États-clés remportés par Joe Biden.La Cour suprême des États-Unis a infligé vendredi 11 décembre un nouveau camouflet à Donald Trump, en refusant de se saisir d'un recours formulé par les autorités du Texas qui visait à annuler sa défaite à la présidentielle.Ses neuf sages, dont trois nommés par le président républicain, ont estimé dans une courte décision que le Texas n'était pas en droit de se mêler de l'organisation des élections dans les autres États.Alors que les grands électeurs doivent se retrouver lundi pour enregistrer leurs votes, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite face au démocrate Joe Biden et assure que l'élection lui a été "volée".Le rejet "ferme et rapide" du recours "n'est pas une surprise", a réagi un porte-parole de Joe Biden, dénonçant des "tentatives sans fondement" de la part du camp du milliardaire républicain et "des attaques contre le processus démocratique". Faute d'éléments tangibles pour étayer les accusations de "fraudes massives", la cinquantaine de plaintes déposées par les alliés de Donald Trump à travers les États-Unis ont toutes - à une exception près - été rejetées par les tribunaux ou abandonnées.Opération de la dernière chanceAprès ces échecs, et un premier revers devant la Cour suprême, les autorités texanes avaient déposé mardi un recours qui faisait figure d'opération de la dernière chance. Elles demandaient l'annulation des résultats dans quatre États-clés remportés par Joe Biden - Pennsylvanie, Géorgie, Michigan et Wisconsin - au motif que, selon elles, les autorités locales avaient violé les lois électorales en étendant l'usage du vote par correspondance.Donald Trump avait décrit le dossier comme "très solide" et était intervenu à titre personnel dans la procédure.  Plus de 120 élus républicains du Congrès s'étaient associés formellement à la démarche, pourtant très critiquée par les experts en droit.Donald Trump avait toutefois mis la pression sur les magistrats. "Ils doivent montrer un grand courage et une grande sagesse. Sauvez les USA", avait-il tweeté vendredi. Le président, qui a profondément remanié le temple du droit américain, avait déclaré dès le lendemain du scrutin qu'il allait le saisir. Il espérait sans doute une réédition du scénario de 2000 quand la Cour suprême avait interrompu un recomptage en Floride, offrant la présidentielle à George W. Bush.Avec AFP

Assassinat de Rafic Hariri : un membre présumé du Hezbollah condamné à la perpétuité

Le tribunal spécial des Nations unies pour le Liban a condamné vendredi à la perpétuité Salim Ayyache, un membre présumé du Hezbollah, reconnu coupable d'avoir pris part à l'assassinat en 2005 de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.Le tribunal spécial de l'ONU pour le Liban (TSL) a rendu sa sentence. Salim Ayyache, un membre présumé du Hezbollah, a été condamné vendredi 11 décembre à la perpétuité. Il a été reconnu coupable d'avoir participé, en 2005, à l'assassinat de l'ex-Premier ministre libanais, Rafic Hariri.Le tribunal a décidé "la peine maximale" pour Salim Ayyash, a déclaré le juge David Re du TSL, basé à Leidschendam, aux Pays-Bas.Plus d'informations à suivre.

Brexit : la probabilité d’un “no deal” se renforce

À Bruxelles, le risque d'absence d'accord sur la future relation commerciale entre Londres et les 27 se dessine progressivement. La présidente de la Commission européenne a affirmé aux dirigeants des 27, vendredi, qu'il y avait "plus de probabilité pour un no deal que pour un deal", ont confié à l'AFP plusieurs participants. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré, vendredi 11 décembre, aux dirigeants des 27, que les espoirs d'un accord avec Londres sur la future relation commerciale étaient "faibles", ont confié à l'AFP plusieurs participants.Elle a estimé qu'il y avait "plus de probabilité pour un no deal que pour un deal" dans un bref compte-rendu de son dîner avec le Premier ministre britannique devant les chefs d'État et de gouvernement européens réunis en sommet à Bruxelles, ont-ils indiqué.Les propos de la cheffe de l'exécutif européen font écho à ceux de Boris Johnson, qui a déclaré, jeudi, qu'il existait une "forte possibilité" d'échec des négociations. Les deux dirigeants ont dîné ensemble, mercredi, à Bruxelles, pour tenter de débloquer la situation. Ils se sont séparés sans trouver de terrain d'entente et se sont donné jusqu'à dimanche pour décider de "l'avenir" des pourparlers, à moins de trois semaines de la fin de la période de transition.Les négociations se poursuivent à Bruxelles entre l'équipe du négociateur européen Michel Barnier et celle du Britannique David Frost.    Le Royaume-Uni, qui a officiellement quitté l'UE le 31 janvier, abandonnera définitivement le marché unique et l'union douanière le 31 décembre.Des désaccords récurrents Londres et Bruxelles butent toujours sur trois sujets, les mêmes depuis mars : l'accès européen aux eaux britanniques, la manière de régler les différends dans le futur accord et les garanties exigées de Londres par l'UE en matière de concurrence en échange d'un accès sans droits de douanes ni quotas à son marché.>> À lire aussi : Les négociations post-Brexit dans la dernière ligne droite, mais les blocages persistentS'il ne faut "pas avoir trop d'attentes", "on ne peut pas exclure un revirement", ont toutefois indiqué deux responsables européens sous couvert de l'anonymatSans accord de libre-échange avec Bruxelles au 31 décembre, les échanges entre Londres et l'UE, son principal partenaire, se feront selon les règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane et de quotasEn prévision d'un no deal, l'UE a présenté des mesures d'urgence qui visent à maintenir une connectivité dans le transport routier et aérien pendant six mois, à condition que Londres fasse de même. Les mesures visent également à garantir l'accès réciproque aux eaux des deux parties pour les bateaux de pêche jusqu'au 31 décembre 2021.Avec AFP