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Au chômage à cause du Covid-19, Cyril, ingénieur aéronautique, doit se résoudre à la reconversion

Le chômage a baissé au troisième trimestre, mais la situation de l’emploi en France reste très dégradée depuis la première vague de l’épidémie de Covid-19. Avec la crise sanitaire, beaucoup, comme Cyril ( le prénom a été modifié ), ont perdu leur emploi, voire dû renoncer à la carrière qu’ils avaient choisie. « Après le choc de l’annonce, il y a eu le temps de l’émotion, puis de la résignation ». Sept mois après la rupture de son contrat, acté en plein confinement par son ex-employeur, un géant de l’aéronautique installé en banlieue parisienne, cet ingénieur de 31 ans, qui travaillait depuis sept ans pour des entreprises de sous-traitance, s’est décidé à entamer une reconversion professionnelle dans le milieu de la cybersécurité, grâce à une formation en informatique réalisée avec Pôle emploi.

« C’est un domaine qui pourrait me permettre de m’installer à l’étranger ou de travailler à domicile », espère-t-il. Dans son milieu, explique l’ingénieur au chômage, « les postes, notamment en design mécanique, ne sont pas du tout conçus pour le télétravail, mais nécessitent de manier des machines industrielles. »

Un virage à 180 degrés pour celui qui avait « enfin » signé un CDI dans son domaine d’étude au mois de février puis acheté un appartement dans la foulée. « C’était la bonne nouvelle ! Je croyais avoir atteint mon objectif, après des années à enchaîner des missions pour des sous-traitants, en France et à l’étranger », relate-t-il, sous couvert de l’anonymat.

« Les sous-traitants de la filière vivent un tournant, car le secteur n’est pas aussi fort que prévu. » Au mois de juin, c’est le constructeur aéronautique Airbus qui a annoncé sa volonté de supprimer 15000 emplois, dont 5000 en France. « Ça a été la panique à bord, se remémore-t-il. Plus personne n’avait de plan de boulot. » Au sein de l’entreprise où il espérait passer le reste de sa carrière, la majorité des employés en poste ont été placés au chômage partiel.

Quant aux intérimaires, ils ont disparu. Sept mois après cette « séparation douloureuse » et « miné » par « une vingtaine d’entretiens d’embauche infructueux organisés en visioconférence », il a loué son appartement « pour rembourser le crédit », et vit aujourd’hui sous le toit de ses parents. En attendant d’avoir un emploi, il prend des cours intensifs de néerlandais, convaincu qu’il pourrait retrouver plus vite un poste au Pays-Bas, où le marché se porte mieux. Lire à partir de la source….