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Make America « fashion » again !

Et si la première faute de carre de la présidence Biden tenait dans une paire de baskets ? Non pas celles de Kamala Harris – qui fit campagne en Converse – mais celles du compagnon de la nièce de la vice-présidente. Nikolas Ajagu arborait lors de la cérémonie d’investiture du 46e président américain le modèle le plus couru de l’année, les Air Jordan x Dior, lancé en début d’année par Kim Jones, directeur artistique de l’univers masculin de la maison de l’avenue Montaigne, épuisé avant même son arrivée en boutique et flirtant avec les 20 000 dollars sur le marché parallèle. Un pas de côté – c’était la première fois qu’un invité officiel osait la sneaker au Capitole –, répondant à l’autre faute de dress code, mais volontaire celle-ci, de Bernie Sanders en parka passe-partout et moufles de laine tricotée – l’image est désormais un mème sur Internet. L’ancien candidat à l’investiture démocrate Bernie Sanders est devenu au passage une manière de baby Yoda anti-fashion. Nul ne doute que « Bernie » a voulu ainsi signifier son statut politique et se démarquer des usages et codes de l’establishment. Non que ceux-ci soient intangibles, comme le prouvent les choix vestimentaires des protagonistes de la cérémonie du 20 janvier qui, à l’heure où toutes les fashion weeks sont digitales, fut finalement le seul vrai défilé de la saison, célébrant via le monochrome les vertus de la mode américaine et les ambitions de la nouvelle administration. Le costume et le manteau du nouveau président ? Un modèle de sobriété de Ralph Lauren Lauren clamant par la rigueur de sa coupe que l’heure était au travail, quand le tombé des vestes de son prédécesseur indiquait parfois un certain flou. Même volonté de soutenir l’industrie de la mode américaine du côté de Jill Biden, alternant manteau de la jeune marque new-yorkaise Markarian, par Alexandra O’Neill, et broderies célébrant les États américains par Gabriella Hearst. Même souci teinté de davantage de politique chez Kamala Harris. Après une couverture du Vogue américain ayant soulevé l’ire des réseaux sociaux – la nouvelle vice-présidente y était photographiée en « casual », ce qui fut perçu par les plus extrémistes des fashionistas comme une manière de nier son statut –, c’est la marque pointue Pyer Moss, fondée en 2013 par Kerby Jean-Raymond, qui l’habille pour la prestation de serment. La veille, pour sa première apparition à Washington D.C, elle avait opté pour un autre créateur afro-américain, John Rogers, affirmant ainsi son engagement pour la diversité. Des choix salués comme celui de la couleur du manteau de la vice-présidente : le violet, symbolisant aux États-Unis tout à la fois le bipartisme (le rouge des républicains et le bleu des démocrates) et les suffragettes, dont c’était la teinte de ralliement. Une couleur affirmant le combat pour l’égalité homme-femme cher à Kamala Harris, également choisie par Michelle Obama et Hillary Clinton. , J. Lo et Melania Lady Gaga , J. Lo et Melania On est loin des effets de style à la Jackie Kennedy et des créateurs de luxe européens dont Melania Trump fut fan jusqu’au bout : c’est en Chanel et en noir qu’elle a quitté la base aérienne d’Andrews avant de réapparaître en total look Gucci à son arrivée en Floride. Dans la nouvelle administration, la mode européenne est réservée à l’entertainment : lors de l’investitude, Jennifer Lopez chantait tout en blanc Chanel, Lady Gaga entonnait l’hymne national en Schiaparelli – créé il est vrai par un couturier américain Daniel Roseberry – alors que la jeune poétesse Amanda Gorman faisait chavirer les têtes en Prada. Seule la belle-fille de Kamala Harris osa elle aussi un designer italien, Miu Miu, un choix la désignant sinon comme une fashion victim du moins comme la prochaine victime des censeurs du politiquement correct appliqué à la présidence Biden-Harris… Le fashion faux pas peut avoir du style mais aussi constituer un danger politique. Lire à partir de la source….