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Madagascar: des formations en BD pour se professionnaliser à Antananarivo

Ils sont dix dessinateurs malgaches de bande dessinée à avoir été sélectionnés pour la première résidence artistique sur l’île depuis le début de la pandémie. Cette formation a pour but de leur permettre perfectionner leur technique, mais aussi d’apprendre à se vendre auprès des maisons d’édition.

De notre correspondante à Antananarivo,

Ils ont entre 19 et 33 ans et tous savent déjà dessiner à la perfection. Sur l’île, il n’y a pas d’école de BD. Aussi, les styles graphiques de ces nouveaux talents, sont libres, non formatés.

Mozer vient de Diego. Celui qui est aujourd’hui un inconditionnel de l’encre et du papier s’est formé seul, dès ses 8 ans, en dévorant les ouvrages de ses idoles : « Depuis longtemps, je pensais savoir comment faire de la BD, mais en fait, ça fait 3 jours, que je viens de me rendre compte que j’ignorais les bases. Comme le cadrage, c’est-à-dire comment mettre en évidence, comment raconter une histoire sur une case, les plans, comment les mettre en valeur, les personnages… »

Découpage, séquençage, story-board… Pour la plupart, les ateliers dédiés à ces étapes structurantes du processus de création sont donc une découverte. Rolling Pen est scénariste. Il forme à la construction narrative. Il encourage ses élèves à s’armer de références culturelles.

« Il faut savoir s’imprégner de tout : des conversations, des films, des livres, de la musique même parfois. C’est hyper important quand on écrit une histoire, insiste le scénariste. Notamment quand on bloque sur une scène, quand on manque d’inspiration parce que ça peut arriver, c’est les références qui peuvent nous sauver. »

►À écouter aussi : De vive(s) voix – Quand la BD s’empare de la littérature

Franco Clerc est un bédéiste malgache. Pour lui, la plus-value de cette résidence est le partage d’expérience afin d’éviter les situations déstabilisantes au moment de se vendre.

« Même s’il y a des auteurs internationaux qui interviennent, c’est aussi très important pour les jeunes d’avoir des références malgaches, d’auteurs malgaches. Moi par exemple, quand j’ai commencé, il y a 10 ou 12 ans de cela, j’ai été obligé de taper aux portes des éditeurs étrangers. Il y a en a qui m’ont répondu sèchement en me disant : pourquoi tu ne publies pas ça chez toi ? Tout simplement parce qu’on n’a pas d’éditeur chez nous. »

« D’autres aussi qui m’ont demandé si j’avais déjà publié avant, continue Franco Clerc. C’est ce qui se fait beaucoup quand on est débutant. Or malheureusement, si on est débutant, c’est que de fait, on n’a jamais publié. Et je pense que c’est important de partager à ces jeunes-là qui commencent toutes ces expériences pour qu’ils sachent justement ce qui les attend dans ce parcours du combattant. »

Et pour les aider dans cette folle aventure, une bande dessinée collective sera publiée à l’issue de la résidence. Une BD bilingue français-malgache. Une grande première pour le pays qui ne compte jusqu’à présent aucun ouvrage couleur en malgache. L’opus sera présenté au festival international de la BD à Angoulême.

En attendant sa sortie dans les librairies, les Alliances françaises ou dans les centres de lectures et d’animation culturelle, les aficionados de la bande dessinée malgache pourront venir rencontrer ses auteurs, voir leurs planches et participer à des ateliers de création de bande dessinée samedi 17 octobre prochain, à l’Institut Français de Madagascar. Lire à partir de la source….