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Dans le Haut-Karabakh, la trêve ne tient qu'à un fil

Cinq minutes. C’est le temps qu’il aura fallu hier pour que l’Azerbaïdjan et l’Arménie s’accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu âprement négocié dans la nuit par la Russie. Sur le papier, les armes étaient censées se taire à midi (10 heures, heure française) dans et autour du Haut-Karabakh, cette province sécessionniste qui est la cible d’une offensive majeure de Bakou depuis deux semaines. Mais le ministère arménien de la Défense a très vite accusé l’ennemi d’avoir “lancé une attaque”. Son homologue azerbaïdjanais a répliqué en expliquant que “l’Arménie [violait] de manière flagrante le cessez-le-feu, tentant d’attaquer” depuis le sud-est du territoire rebelle, peuplé en majorité d’Arméniens et soutenu par Erevan.

Malgré les communiqués et le flot de propagande qui entoure cette guerre depuis son début, les combats se sont globalement arrêtés. À Stepanakert, la capitale de l’enclave qui était encore pilonnée par les obus azerbaïdjanais dans la matinée, les sirènes se sont tues dans l’après-midi. Ses habitants, terrés dans les caves et abris souterrains depuis des jours, restaient néanmoins méfiants et hésitaient à sortir dans les rues jonchées de gravats et de voitures calcinées.

Cette trêve obtenue après dix heures de discussions semble donc bien précaire. Rien d’étonnant, selon Gaïdz Minassian, chercheur à Sciences-Po Ceri. “Elle est d’abord humanitaire, pour permettre aux deux camps de s’échanger leurs prisonniers, de récupérer leurs morts, affirme-t-il. Mais l… Lire à partir de la source….