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Hommage à Daniel Cordier, figure de la Résistance animée par une “inoxydable jeunesse”

Il y a quelques années, l’ascenseur de son appartement cannois devait être en travaux durant des mois. Alors, plutôt que de rester ­confiné dans son cinquième, ou d’avoir à gravir péniblement les étages à son âge, ­Daniel ­Cordier a décidé qu’il valait mieux aller faire un tour du monde. C’était tout ­Daniel ­Cordier. À près de 95 ans, il voulait revoir les trésors du musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg et, là, retrouver la lumière de certains Matisse ; puis poursuivre plus loin, saluer une dernière fois les statues de l’île de Pâques… Il faut imaginer le trajet, les avions, le cargo, les difficultés pour cet homme voyageant seul, vital certes mais si chétif.

Retour en France, ­Daniel était “épuisé, mais RAVI”. Oui, ravi, c’était un de ses mots préférés qu’il prononçait avec sa jeune voix toujours zézayante. ­Daniel ­Cordier, c’était cela aussi: cette inoxydable jeunesse, et ce bonheur allant, qu’on pouvait retrouver chez la plupart de ces “déraisonnables” que furent les premiers résistants.

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C’est avec la même jeune ardeur qu’il y a moins de dix ans ­Daniel ­Cordier arrivait à mon bureau, tous les matins, lorsque nous écrivions ensemble, avec ­Alain ­Tasma et ­Raphaëlle ­Desplechin, l’adaptation audiovisuelle d’Alias Caracalla, son grand livre qui raconte son engagement dans la France libre à 20 ans, sa vie quotidienne auprès de Jean ­Moulin, ce “patron” que, vivant, il ne … Lire à partir de la source….