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Évacuation de migrants à Paris: l’association Utopia 56 dénonce “l’hypocrisie” de Darmanin

Plusieurs centaines de migrants ont été évacués, sans ménagement, de la place de la République à Paris. Les associations qui viennent en aide aux exilés dénoncent “un spectacle lamentable”.

“On ne répond pas à la misère par la matraque.” Le démantellement d’un camp de migrants, lundi soir place de la République à Paris, suscite l’indignation de nombreuses associations qui viennent en aide aux exilés. Plusieurs centaines de personnes – majoritairement originaires d’Afghanistan – ont été sommées de quitter les lieux, sous les fumées des gaz lacrymogène.

À peine une heure après leur installation, des policiers ont commencé à enlever une partie des tentes, parfois avec des exilés encore à l’intérieur, sous les cris et huées de militants et de migrants.

C’est finalement sous les tirs de gaz lacrymogène et de grenades de désencerclement que quelques centaines d’exilés et leurs soutiens ont été dispersés par les forces de l’ordre dans les rues de l’hypercentre de Paris.

“L’Etat donne de lui-même un spectacle lamentable” en apportant “une réponse policière à une situation sociale”, a commenté auprès Ian Brossat, adjoint de la mairie de Paris en charge notamment de l’accueil des réfugiés.

Plus tard dans la nuit, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a évoqué, sur Twitter, des images “choquantes”. “Je viens de demander un rapport circonstancié sur la réalité des faits au Préfet de police d’ici demain midi”, a-t-il ajouté. En réponse, l’association Utopia56, qui avait aidé à l’installation de ce camp, a dénoncé “l’hypocrisie d’un homme face à ses contradictions”, évoquant “une persécution permanente des personnes exilées”.

“On ne répond pas à la misère par la matraque”, a réagi Delphine Rouilleault, directrice générale de France terre d’asile, association et opérateur de l’État sur la gestion des campements. “La mise à l’abri des migrants du campement de Saint-Denis restés à la rue est urgente, indispensable, indiscutable. Il en va de l’honneur de la République française”.

“La seule réponse des autorités, c’est la force. Et la force, en période de crise sanitaire, ce n’est pas acceptable”, a ajouté Corinne Torre, responsable de Médecins sans frontières en France, réclamant elle aussi un hébergement.

Les forces de l’ordre appliquent le principe de “zéro tolérance” pour les campements de migrants dans la capitale, institué par le préfet de police de Paris Didier Lallement, en début d’année. Depuis, beaucoup ont reculé vers la Seine-Saint-Denis. En lisière de Paris, “l’invisibilisation” conduit à une “chasse à l’homme”, a expliqué Louis Barda, responsable des maraudes chez Médecins du monde. Dans la nuit de lundi à mardi, pour des centaines d’exilés, l’errance a repris à Paris.

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