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Covid-19 : Madrid mise tout sur les tests antigéniques

La région de Madrid, avec ses 6,5 millions d’habitants, ne fait pas les choses comme les autres. Dans un pays où chacune des dix-sept « communautés autonomes » dispose d’amples prérogatives – notamment la santé –, elle trace son bonhomme de chemin sur le front anti-Covid, au grand dam du gouvernement central socialiste. Dans la capitale, l’exécutif emmené par la libérale Isabel Díaz-Ayuso refuse de ralentir la marche des affaires et de sacrifier l’hôtellerie, la restauration ou l’activité culturelle. « Nous ne nous laisserons pas mener à la ruine, a-t-elle répété. On peut parfaitement lutter contre la pandémie sans laisser mourir notre vie économique. » Entre autres mesures symboliques : la prochaine réouverture du « Rastro », le fameux « marché aux puces » madrilène.

À Madrid, les autorités pensent avoir trouvé la potion magique : les tests antigéniques, plutôt que les PCR, privilégiés dans le reste du pays et par le ministère national de la Santé. Ce type de test se réalise comme les PCR par voie nasale et présente d’importants avantages comparatifs : il est bon marché (4,50 euros, contre 18 euros les PCR), donne un résultat rapide (15 minutes environ, au lieu d’au moins 24 heures) et permet un dépistage plus précoce. Depuis la fin septembre, les autorités madrilènes ont testé gratuitement 1,4 million d’habitants de 29 municipalités de la région.

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En se démarquant du reste du pays, les libéraux au pouvoir à Madrid tentent de répondre au dilemme opposant santé et économie. « Notre stratégie est d’utiliser les tests antigéniques de façon massive, a précisé le vice-président Ignacio Aguado. Beaucoup plus dynamiques et rapides, ils permettent de dépister tout en maintenant notre activité économique. Nous sommes la capitale, et si on ne la maintient pas, c’est tout le pays qui va s’écrouler. Nous ne pouvons permettre cela ! »

L’exécutif régional a d’ailleurs demandé à l’Union européenne la généralisation des tests antigéniques dans les pharmacies. Ceux-ci sont pourtant critiqués par de nombreux épidémiologistes jugeant leurs résultats moins fiables, plus aléatoires. Expert en santé publique, Daniel López-Acuña résume une opinion majoritaire : ces tests présentent « une grande utilité dans des segments spécifiques, comme les urgences, l’attention primaire, auprès du personnel soignant, dans les hôpitaux et les cliniques. Mais pas comme un instrument de détection massive ».

C’est pourtant précisément ce que tente de faire l’exécutif madrilène, qui assure que c’est grâce à cette stratégie qu’en l’espace de trois semaines le taux d’incidence a chuté de 786 cas pour 100 000 habitants – lorsque Madrid était l’épicentre de la pandémie en Europe –, à seulement 297 aujourd’hui ! Même si d’aucuns, surtout au sein du ministère national de la Santé, contestent la véracité de ces statistiques, cette chute vantée par l’exécutif de Madrid permet à la capitale de justifier la fin du confinement périmétral, un couvre-feu réduit à la portion congrue (de minuit à 6 heures), l’ouverture de presque tous les commerces, restaurants et cafétérias inclus. Au point que le patronat de Catalogne, autre locomotive économique du pays actuellement sous le coup de mesures drastiques (affectant notamment les activités touristiques), rêve de copier le modèle madrilène. Lire à partir de la source….