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Québec pressé d’empêcher l’intrusion des variants dans les écoles | Coronavirus

Des spécialistes de la santé publique et des syndicats de l’enseignement pressent le gouvernement Legault de rendre disponibles des tests de dépistage rapides de la COVID-19 pour contrer la propagation de nouveaux variants du coronavirus dans des écoles.

Plusieurs centaines d’écoliers du Québec ne peuvent se rendre en classe cette semaine parce que des directions régionales de la santé publique craignent que ces variants, plus transmissibles que la souche plus commune de la COVID-19, ne circulent dans leur établissement.

C’est le cas à l’école primaire des Grands Êtres, dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, fermée pour deux semaines, ainsi qu’aux écoles primaires de Fontainebleau, à Blainville, et Marguerite-D’Youville, à Québec, fermées jusqu’à nouvel ordre.

À Laval, des dizaines de classes des écoles primaires de l’Équinoxe, Eurêka et Père-Vimont (fermée depuis le 18 février) ainsi que de l’école secondaire Saint-Maxime sont aussi fermées par crainte que des élèves aient contracté un nouveau variant de la COVID-19.

Ces établissements continuent cependant d’accueillir des élèves. Selon le Centre de services scolaire de Laval, la direction régionale de la santé publique recommande d’isoler les groupes et non de fermer l’école au complet pour le moment.

À l’école secondaire Sainte-Maxime, par exemple, les 63 groupes de 3e, 4e et 5e secondaires ont été isolés au moins jusqu’au retour de la relâche, le lundi 8 mars, mais cette décision ne touche pas leurs camarades de 1re et de 2e secondaires, qui étudient dans un autre bâtiment.

Pour sa part, Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, est d’accord avec la décision des directions de la santé publique de fermer les écoles.

Ces variants sont plus contagieux, même chez les enfants. Donc, dans ce contexte en fermant une école, on peut s’assurer tout de suite d’arrêter la transmission communautaire , a-t-elle expliqué dans une entrevue accordée lundi à RDI Matin.

Selon elle, Québec devrait prendre exemple sur la Californie, qui fait passer des tests rapides antigéniques tous les deux jours aux enfants avant de les faire entrer dans une école.

Ce sont souvent les asymptomatiques ou les présymptomatiques, donc des gens qui ont très peu de symptômes, qui sont à la source des éclosions. Selon certaines études, 50 % des éclosions partiraient de ces personnes-là , poursuit-elle.

Dans ce contexte, les tests rapides antigéniques peuvent les détecter, et éviter qu’ils rentrent dans des milieux clos […] et contaminent énormément de monde.

La Dre Caroline Quach, microbiologiste-infectiologue au CHU Sainte-Justine, affirme pour sa part qu’il est important de prendre des mesures de santé publique plus draconiennes lorsque des cas de variants sont suspectés, quitte à fermer des écoles.

Elle met toutefois en doute le bien-fondé de recourir à des tests de dépistage rapide avant que de premiers cas soient soupçonnés, sinon confirmés, en évoquant les premières données d’un projet pilote, qu’elle dirige, pour tester l’efficacité de cette stratégie dans deux écoles.

On le fait systématiquement dans deux écoles depuis le 25 janvier. […] Et nos tests rapides, quand on les fait pour une population d’élèves et de professeurs qui ne sont pas symptomatiques et qui n’ont pas de contact, qu’on le fait aléatoirement, jusqu’à maintenant, on n’a trouvé personne [qui avait la COVID-19] par hasard , a-t-elle indiqué à ICI RDI.

L’utilité de ces tests se manifeste plutôt dans une classe ou des cas ont été trouvés, explique-t-elle. Quand on fait un dépistage dans cette classe, on retrouve un à deux [cas] positifs avec des tests rapides, confirmés par la suite par PCR. Donc, ça nous permet de les retirer plus rapidement .

Des syndiqués de l’enseignement déplorent l’attentisme de Québec

Le président de la Fédération autonome de l’enseignement (FAE), Sylvain Mallette, voudrait lui aussi que Québec utilise ces tests rapides pour mieux protéger les enseignants, le personnel des écoles et les élèves.

Le fait que des cliniques de dépistage massif soient mises en place après la fermeture de classes, voire d’écoles, est un , a-t-il déclaré lundi en entrevue à l’émission Tout un matin.

Quand une classe ferme – et là on voit apparaître des fermetures d’écoles – ça provoque ce que j’ai appelé un traumatisme dans le réseau scolaire , affirme le leader syndical.

Faut comprendre qu’une école, c’est un mini-univers en soi. Les élèves se connaissent, il y a des comportements de groupe. Donc quand une classe ferme, ça provoque un traumatisme, ça nourrit les inquiétudes et il faut redoubler de vigilance à la fois pour rassurer les gens, mais aussi pour poser les gestes qui vont permettre de travailler positivement pour le sentiment de sécurité.

Alors que d’autres juridictions utilisent les tests rapides dans le réseau scolaire, le gouvernement du Québec – et on ne comprend pas pourquoi –[ne le fait pas]. […] Il nous dit que les tests sont peut-être moins fiables, mais il y a des projets pilotes qui ont été menés qui ont conclu le contraire.

Donc encore une fois, le gouvernement prend des décisions, mais ne les explique pas, et ça, ça ne contribue pas à rassurer les gens du réseau , déplore M. Mallette.

Sylvain Mallette réitère en outre que le gouvernement Legault doit accélérer son échéancier pour effectuer des tests d’aération et de ventilation dans les établissements scolaires pour lutter contre la transmission de la maladie par aérosol.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, demande aussi à Québec de commencer à utiliser des tests rapides dans les écoles.

Il y a longtemps qu’on demande du dépistage massif et du dépistage rapide. Je pense qu’il est temps de rappeler que si nos écoles sont des services essentiels, arrangeons-nous pour que dans nos écoles, on ait l’heure juste , a-t-elle déclaré à Radio-Canada en fin de semaine.

À Québec, le ministre de la Santé, Christian Dubé, admet que la situation est , mais estime jusqu’à nouvel ordre que le nombre de cas attribuables aux variants connaît une croissance raisonnable et non exponentielle.

Après une semaine, dix jours où on suit ça de très près, moi je pense qu’il est encore trop tôt pour dire qu’on a une croissance exponentielle, comme on a vu dans d’autres pays, comme l’Angleterre et l’Irlande , a-t-il déclaré à Radio-Canada. Mais avec l’INSPQ [Institut national de la santé publique du Québec] et avec la santé publique, c’est sûr qu’on suit ça de très proche .

Ce qui est important pour les parents de savoir, c’est qu’en ce moment, c’est pour ça qu’on est beaucoup plus agressif dans la fermeture des classes , a ajouté le ministre.

Christian Dubé dit penser que la stratégie de dépistage de Québec est efficace à l’heure actuelle, sans se prononcer directement sur le bien-fondé de recourir à des tests rapides.

On a toujours débattu le fameux test rapide avec le fameux test de l’écouvillon dans le nez. Il y a beaucoup de parents qui n’étaient pas à l’aise avec ça. On a demandé à la Dre Quach de faire un travail spécifique là-dessus , s’est-il contenté de dire à ce sujet.

On a fait des corridors de services très efficaces pour que les enfants, lorsqu’il y a une éclosion, puissent se faire tester, souvent par une unité mobile ou […] dans les centres de dépistage. Les résultats [sont obtenus] en moins de 24 heures. Donc, il n’y a plus de problème au niveau du dépistage , a-t-il aussitôt enchaîné.

Là, ce qu’il faut, c’est d’avoir le criblage le plus rapidement possible. C’est de prendre ces tests positifs, de le faire cribler pour voir si c’est un des variants qui est en cause.

Jusqu’ici, le criblage a permis d’identifier 415 cas présumés de variants du coronavirus au Québec, selon l’INSPQ. Seuls 23 cas de variants ont pu être confirmés par séquençage, dont 20 cas du variant britannique et deux du variant sud-africain.

C’est une grande source d’inquiétude de voir qu’en ce qui concerne les écoles, on semble encore une fois deux coups, trois coups en arrière , a pour sa part commenté la porte-parole péquiste en matière d’Éducation, Véronique Hivon.

On ne s’explique toujours pas pourquoi le gouvernement dit d’un côté que le maintien des écoles ouvertes est sa grande priorité, mais qu’il continue à ne pas déployer toutes les mesures pour assurer la sécurité et la limitation de la propagation des virus. Et c’est encore plus inquiétant bien sûr avec les variants qui apparaissent et ces écoles qui sont fermées au complet.

Le Parti libéral du Québec demande aussi depuis plusieurs semaines que le gouvernement utilise des tests de dépistage rapides dans les écoles et dans des milieux de travail. Lire à partir de la source….