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Edouard Philippe, en vedette à Blois, éclipse ses prédécesseurs

L’ex-Premier ministre et maire du Havre était vendredi matin aux Rendez-vous de l’Histoire à Blois, qui ont pour thème cette année « Gouverner» . Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve y étaient aussi mais c’est celui qui a quitté Matignon début juillet qui a capté l’attention.

Ils étaient trois anciens Premier ministres vendredi aux Rendez-vous de l’Histoire, à Blois. Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve, venus pour des tables rondes, et Edouard Philippe, pour un grand entretien, dans le cadre de ce festival qui a pour thème cette année : «Gouverner».

Et c’est le maire du Havre qui a plié le match, accueilli comme s’il était toujours aux manettes à Matignon. Edouard Philippe est venu évoquer son «imaginaire historique» lors d’un grand entretien, dans l’Hémicycle de la Halle aux grains. Avant cela, il a visité le salon du livre d’Histoire. Une heure de déambulation qu’il espérait plus discrète. «Merci beaucoup, maintenant je vais acheter des livres, je vais faire mon marché», dit-il en entrant, espérant semer la presse, venue en nombre le suivre dans les allées.

Il ignore poliment les questions des journalistes à l’affût d’une petite phrase sur ses ambitions futures. Mais il prend le temps d’échanger avec les gens rencontrés au fil des stands. Des libraires lui parlent de leur activité pendant le confinement et du rapport des gens à la librairie qui a évolué durant cette période. Sur une table, il voit une pile d’un de ses livres, «Des hommes qui lisent» : «c’est très bon ça », plaisante-t-il. Le titre d’un autre ouvrage, «Que faire des cons?», le fait sourire. « Il faut regarder tous les livres», balaye-t-il encore.

S’il n’a pas pu y passer le temps qu’il souhaitait et avoir plus d’intimité pour feuilleter les ouvrages présentés, l’ex-locataire de Matignon a pu mesurer sa côte de popularité. Les autres officiels présents sont passés presque inaperçus. Outre Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve -avec lesquels il a brièvement discuté – trois autres membres du gouvernement, Marc Fesneau, Geneviève Darrieussecq et Nadia Hai étaient eux aussi présents.

L’attention était braquée sur Edouard Philippe. Des adolescents le reconnaissent, mettent un nom et une fonction sur son visage et veulent une photo. Il accepte. Pas de selfie, mais il pose volontiers au milieu du petit groupe. La scène se répète à quelques reprises. «J’ai chaud», lâche une jeune fille, ravie de ce moment et d’avoir eu une photo.

Pour deux dames qui ont attendu de longues minutes à la fin de la visite, il prend le temps de s’arrêter, de leur dédicacer «L’heure de vérité», écrit avec Gilles Boyer, et de plaisanter avec elles. «Vous avez une écriture de ministre», lui glisse l’une des deux copines. Elle fait savoir qu’elle veut le revoir au gouvernement.

Au cinéma voisin, l’ombre d’Edouard Philippe plane. Les épisodes du film de Laurent Cibien «Edouard mon pote de droite» y sont diffusés jeudi et vendredi. Le festival et la presse locale annonçaient même la présence de l’ancien Premier ministre à une séance, celle de l’épisode 2, vendredi matin. «C’est bien ici qu’il vient le Premier ministre? Je viens de loin», questionne un vieux monsieur avant de s’installer dans la salle. A l’entrée, une dame s’emmêle les pinceaux dans les titres «Ah oui, c’est “Mon pote” le titre, ce n’est pas les présidents. Il ne l’est pas encore».

Edouard Philippe n’a finalement pas assisté à cette séance. Outre la visite du salon du livre, il est venu pour évoquer son «imaginaire historique», lors d’un entretien d’une demi-heure, masqué, face à un public lui aussi masqué. Là non plus pas de «carte postale», ni de références à l’actualité. Brièvement, il évoque son quotidien durant la crise sanitaire. «Dans cette période intense, j’essayais tous les jours de me garder 20 minutes, une demi-heure, pour lire un peu, me poser (…) C’est à ce moment là que j’ai commencé à regarder l’histoire des révolutions britanniques (…) Tout ça part d’une contestation politique et se termine par une décapitation… Ça égayait mon quotidien». Lire à partir de la source….