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Roland-Garros : « Ce tournoi va changer ma vie », projette l’étonnante Iga Swiatek

Au moment où elle voit que son dernier coup droit fait mouche, Iga Swiatek met la main devant sa bouche. Comme si la gamine qu’elle est encore venait de faire une grosse bêtise. Mais la Polonaise n’a pas à s’excuser – hormis peut-être d’avoir à nouveau roulé sur une adversaire. Ce qu’elle vient de réaliser, à 19 ans, est prodigieux. En balayant l’Américaine Sofia Kenin, ce samedi, elle vient de remporter Roland-Garros sans avoir perdu un set de la quinzaine.

« Je ne sais pas ce qu’il passe ! Je suis si heureuse. C’est fou… », souffle-t-elle quelques minutes plus tard. Prise par l’émotion, elle a du mal à finir ses phrases. « C’est dur de rassembler mes pensées, de parler clairement », dit-elle en souriant. On peut la comprendre. Elle arrive quand même à faire sourire tout le monde au moment de recevoir la coupe, quand elle prévient qu’elle ne sait pas comment faire un discours car sa dernière victoire remontait à deux ans.

C’est vrai, on l’aurait presque oublié en la voyant aussi à l’aise sur le court. Iga Swiatek n’avait encore jamais gagné un tournoi sur le circuit WTA. Ses seules références étaient chez les juniors, où elle avait notamment remporté Wimbledon. Elle a déboulé Porte d’Auteuil sans prévenir personne, pour devenir seulement la deuxième joueuse non tête de série à inscrire son nom au palmarès, après Jelena Ostapenko il y a trois ans. Et au passage, seule Justine Hénin, référence s’il en est, avait gagné ici sans concéder un set.

« La clé a été de ne pas attendre trop de choses de ce match »

Stressée en début de rencontre, malgré une bonne entame, elle ne s’est totalement libérée qu’au début du deuxième set, quand Kenin est sortie du court pour raisons médicales. « Je me suis retrouvée toute seule, et j’ai senti le public, le soutien, ça m’a fait beaucoup de bien », explique-t-elle. La suite a été un récital, aidé aussi par le coup de mou de l’Américaine.

La maturité de la Polonaise est tout de même bluffante. Comme lors des tours précédents, elle a été la meilleure pour faire abstraction du contexte. « C’est dur de jouer son meilleur tennis quand on est sous pression, mais j’ai essayé de me concentrer sur la technique, la tactique, et surtout de ne pas penser aux attentes, sans me préoccuper de gagner ou perdre, détaille-t-elle. La clé a été de ne pas attendre trop de choses de ce match. »

Culotté, pour une finale de Grand Chelem. « Le résultat ne m’était pas égal, bien sûr, mais je ne voulais pas penser à ça constamment », ajoute-t-elle aussitôt. On voit l’idée. Elle a payé. Mais désormais, sa vie ne sera plus la même. Classée au-delà de la 50e place mondiale en arrivant, elle sera 17e, lundi. Et très attendue à chaque tournoi. « Mon jeu n’est pas totalement abouti. Le gros challenge pour moi sera de rester régulière, annonce-t-elle. C’est ça qui pose problème dans le tennis féminin, aujourd’hui, et pour ça qu’il y a tant de gagnantes différentes en Grand Chelem. Mon objectif sera d’être constante, ça va être difficile. Mais je penserai à tout ça plus tard. Pour l’instant, je veux profiter. »

Voilà une bien belle idée. Samedi soir, quand elle en aura fini avec ses obligations, elle va fêter ce titre avec sa famille, venue à Paris pour l’occasion. Swiatek mesurera ensuite l’impact de sa victoire en Pologne, qui n’avait jamais connu l’ivresse d’un succès en Grand Chelem. « C’est historique pour mon pays, c’est sûr. Ce tournoi va changer ma vie, sait-elle. Ce sera sûrement un peu la folie là-bas, mais ça ne devrait pas être un problème pour moi. Ça ne me pose jamais de problème quand j’ai beaucoup de gens qui m’entourent. » De l’aplomb au micro comme sur le court… On a déjà hâte de la revoir. Lire à partir de la source….