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Professeur décapité : l’identité de l’assaillant confirmée

Il s’agit d’un jeune Russe tchétchène de 18 ans né à Moscou. Il était porteur d’un titre de séjour délivré du 4 mars dernier et bénéficiait du statut de réfugié.

L’identité de l’assaillant, qui a décapité un professeur d’histoire vendredi 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines), se précise d’heures en heures. Lors d’une conférence de presse ce samedi 17 octobre, le procureur de république antiterroriste, Jean-François Ricard, a assuré qu’il s’agit bien d’un jeune Russe tchétchène de 18 ans né à Moscou le 12 mars 2002.

Lorsqu’il a été neutralisé, Abdoulakh A. était porteur d’un titre de séjour délivré du 4 mars dernier et valide jusqu’en mars 2030. Il était arrivé en France mineur, avec ses parents et avait obtenu le statut de réfugiés il y a dix ans, selon des sources proches du dossier.

D’après nos informations, il était l’aîné de cinq frères et vivait avec sa fratrie et ses parents dans le quartier de la Madeleine à Evreux, connu pour ses violences urbaines (notamment en 2005). Fin septembre, un jeune Tchétchène y avait été tué d’un tir d’arme à feu lors d’un affrontement entre communautés. D’après le procureur de la république antiterroriste, Abdoulakh Anzorov ferait partie d’une bande d’Éragny, parmi laquelle figurerait un islamiste fiché «S».

Le père du terroriste travaillait comme agent de sécurité pour une société locale, un secteur d’activités apprécié des Caucasiens, et son fils aîné avait commencé à œuvrer sur des chantiers et voulait suivre une formation dans le domaine de la sécurité. Selon Zelimkhan*, membre de la communauté tchétchène d’Evreux et proche de la famille d’Abdoulakh Anzorov, ce dernier «n’était pas connu pour sa radicalisation, n’a jamais été agressif et était très proche de sa famille et respectueux». En effet, l’individu était connu des services de renseignement pour des affaires de droit commun lorsqu’il était encore mineur mais n’avait jamais été condamné.

Le vendredi matin, jour de l’attentat, le jeune homme de 18 ans, qui n’avait pas de voiture et n’avait pas passé son permis, a expliqué qu’il partait au travail. «Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec notre communauté, explique Zelimkhan, contacté par Le Figaro. Nous sommes tous choqués et nous n’arrivons pas à le croire».

Avant d’être abattu, l’assaillant a crié «Allah Akbar». Un couteau de type poignard, une arme de poing de type airsoft et cinq cartouches ont été saisis.

Dans le cadre de l’enquête cinq nouvelles personnes ont été interpellées dans la nuit de vendredi 16 à samedi 17 octobre, portant à neuf le nombre total de personnes en garde à vue, selon une source judiciaire. Parmi les cinq nouvelles personnes, figurent deux parents d’élève – un homme et son amie – du collège où travaillait la victime. Ces personnes avaient eu un différend avec l’enseignant sur les caricatures de Mahomet que l’enseignant avait montrées en classe.

Trois personnes de l’entourage non familial de l’assaillant ont par ailleurs été interpellées. Quatre autres personnes, dont un mineur, issues de l’entourage familial du suspect, avaient été arrêtées auparavant à Évreux (Eure).

Le président Emmanuel Macron, qui s’est rendu sur place vendredi, a qualifié l’attaque d’«attentat terroriste islamiste caractérisé», trois semaines après l’attaque devant les anciens locaux de Charlie Hebdo. «Ils ne passeront pas. L’obscurantisme ne gagnera pas», a martelé, ému, le chef de l’État.

*le prénom a été modifié

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