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La Bourse de Paris anticipe le reconfinement et perd plus de 4%

A quelques heures de l’annonce probable d’un reconfinement en France pour tenter d’endiguer la seconde vague, la Bourse de Paris cédait à l’inquiétude grandissante. L’indice vedette parisien CAC 40 creusait encore ses pertes mercredi. Il abandonnait 4,07% à 4.538,05 points vers 16H00, suivant un mouvement de fort repli mondial.

L’Europe est le continent dans lequel la pandémie progresse le plus rapidement. La réaction sur les marchés est immédiate : le Dax allemand lâchait 4,39%, Londres 3,21% tandis que le Nasdaq et le Dow Jones américains reculaient de plus de 3%.

Logiquement, les entreprises liées au commerce sont celles qui étaient le plus affectées par la possibilité que les Français soient obligés de rester chez eux et perdent pour certain leur emploi en raison de la crise.

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Renault connaissait la plus forte baisse du CAC 40 avec un repli de 7,45% à 21,05 euros, Kering plongeait de 4,80% à 519,40 euros, et Publicis de 5,73% à 29,13 euros.

“Les entreprises qui ont tout juste réussi à s’en sortir au printemps pourraient ne pas survivre à une autre période sans activité malgré le généreux soutien” annoncé par les États à travers la planète ces derniers mois, observe dans une note Russ Mould, analyste à AJ Bell.

Un confinement total coûterait 2 à 2,5 points de PIB par mois à l’économie française, a indiqué le ministre des Comptes publics Olivier Dussopt mercredi.

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Dans ce contexte, les résultats trimestriels des entreprises qui continuent de pleuvoir passent au second plan. Tout le CAC 40 est dans le rouge, à l’exception de Teleperformance, qui gagne près de 3% après avoir annoncé le rachat de la plate-forme de santé en ligne Health Advocate.

Carrefour et PSA perdent respectivement 1,65% et 4,26% après la publication de leurs résultats trimestriels.

Sopra Steria accuse la plus forte baisse du SBF 120, qui plonge de 11,29% après une publication très mal accueillie.

Sous l’angle sectoriel, les secteurs cycliques souffrent particulièrement, notamment les banques (-3,67%) et l’automobile (-3,66%).

L’indice EuroStoxx 50 de la zone euro abandonne 2,58%, le FTSEurofirst 300 2,57% et le Stoxx 600 2,05%.

La politique pèse également sur les marchés à l’approche de l’élection présidentielle américaine, certains évoquant un scénario similaire au scrutin de 2016, qui avait vu Donald Trump coiffer Hillary Clinton sur le fil.

LE SECTEUR DU TOURISME PLONGE. Ces valeurs étaient en première ligne des inquiétudes autour d’un durcissement des restrictions qui ne feraient que limiter un peu plus les déplacements. Le groupe hôtelier InterContinental Hotels perdait 5,71% à 3.713,00 pence et IAG, maison mère de British Airways, 5,52% à 91,04 pence.

LES VALEURS PETROLIERES SOUFFRENT. Ces titres reculaient dans la foulée des cours du brut, alors que les investisseurs s’inquiètent de voir la seconde vague de la pandémie réduire encore la demande d’or noir. BP lâchait 3,09% à 189,70 pence et Royal Dutch Shell (action “B”) 3,70% à 855,30 pence.

NEXT RESISTE (-0,36% 0 6.068,00 pence). La chaîne d’habillement a enregistré une hausse ses ventes plus vive que prévu au troisième trimestre achevé le 24 octobre, surtout grâce aux achats en ligne, ce qui lui permet d’être plus optimiste sur ses bénéfices attendus pour l’ensemble de l’exercice.

La Bourse de Francfort évoluait mercredi en forte baisse, le DAX cédant 3,51% pour repasser nettement sous les 12.000 points, alors que l’Allemagne envisage de nouvelles mesures drastiques pour endiguer la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19.

Vers 08H40 GMT, l’indice vedette reculait de 423,4 points, à 11.640,14 points, tandis que le MDax des valeurs moyennes perdait de son côté 2,23%, à 26.012,12 points.

La Bourse de Milan cédait plus de 3% mercredi, plombée par les craintes des conséquences pour l’économie de la recrudescence de la pandémie en Europe et en Italie. Vers 09H40 (08H40 GMT), le principal indice, le FTSE Mib, perdait 3,24% à 18.050 points.

L’Italie connaît depuis une dizaine de jours une accélération des contaminations (près de 22.000 cas comptabilisés lundi), ce qui a conduit le gouvernement à prendre une série de mesures restrictives, comme la fermeture totale des salles de sports, piscines, théâtres et cinémas, et à partir de 18H00 des bars et restaurants. Ces mesures ont provoqué une série de manifestations à travers le pays, parfois marquées par des violences.

Un peu avant 17 heures, l’indice vedette, le Dow Jones Industrial Average lâchait 3,03% à 26.631,16 points. Le Nasdaq, à forte coloration technologique, qui évoluait à son plus bas niveau en un mois, perdait aussi 3,07% à 11.080,81 points.

Microsoft a publié après la clôture des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu, ses logiciels ayant bénéficié de l’essor du télétravail. L’action a cependant perdu jusqu’à près de 2% dans les échanges hors séance, les prévisions pour certaines divisions ayant déçu les analystes.

Les Bourses de Tokyo et de Hong Kong ont encore cédé mercredi du terrain face à l’aggravation persistante de la crise sanitaire en Europe et aux Etats-Unis, tandis que les places de Chine continentale ont légèrement progressé.

Pour la troisième séance d’affilée, l’indice Nikkei de Tokyo a fini en retrait (-0,29% à 23.418,51 points), et l’indice élargi Topix a reculé de 0,31% à 1.612,55 points.

L’appréciation du yen, valeur refuge des investisseurs dans les moments de grandes incertitudes, a par ailleurs pesé sur les valeurs japonaises exportatrices.

À Hong Kong, l’indice Hang Seng a perdu 0,32% à 24.708,80 points.

Les marchés financiers redoutent aussi une élection présidentielle américaine sous haute tension le 3 novembre, alors que l’écart entre Donald Trump et Joe Biden dans les intentions de vote se sont rétrécies dans certains Etats clés.

SONY ET HITACHI: le titre du géant Sony a grimpé de 1,82% à 8.248 yens, avant même la publication des résultats du groupe sur son deuxième trimestre 2020/21 juste après la clôture de la Bourse de Tokyo.

Sony a nettement relevé ses prévisions annuelles, à la faveur d’un deuxième trimestre de bonne facture, porté notamment par une forte croissance de son activité dans les jeux vidéo, mais aussi par des effets fiscaux positifs. Il s’est par ailleurs montré confiant sur les futures ventes liées à sa nouvelle console PlayStation 5, qui sera lancée courant novembre.

L’action Hitachi a en revanche reculé de 2,6% à 3.547 yens. Le conglomérat industriel nippon a lui aussi publié mercredi ses résultats trimestriels après la clôture de Tokyo, mais plus mitigé que ceux de Sony, même s’il a également relevé certaines de ses prévisions annuelles.

ANA HOLDINGS: le titre de la compagnie aérienne ANA Holdings a peiné à se relever (+0,34% à 2.298 yens) après avoir lâché plus de 3% mardi, où le groupe avait publié ses résultats trimestriels.

Très affecté par la pandémie, ANA prévoit une perte nette record de 510 milliards de yens (4,1 milliards d’euros) sur l’ensemble de son exercice 2020/21 démarré le 1er avril. Sa perte va être creusée par des mesures de restructuration, dont une nette réduction de sa flotte d’appareils, en particulier dans les gros porteurs.

La forte aversion pour le risque se reflète dans la hausse du prix des obligations souveraines. Le rendement des Treasuries à 10 ans cède deux points de base à 0,757% pour s’éloigner davantage du pic de quatre mois et demi touché vendredi à 0,872%. Dans les premiers échanges en Europe, son équivalent allemand, taux de référence pour la zone euro, abandonne plus deux points de base, à -0,628%.

Sur le marché des devises, le yen se renforce face au dollar pour se rapprocher d’un plus haut de six mois atteint le mois dernier.

L’euro recule pour sa part de 0,3% à 1,1757 dollar, pénalisé par des anticipations du retour de la France en confinement.

Le dollar joue pour sa part pleinement son rôle de valeur refuge avec une progression de 0,4% face à un panier de référence.

Les craintes pour l’évolution de la demande mondiale pèsent lourdement sur les contrats à terme de référence sur le brut. Les cours du pétrole rechutaient, alors qu’ils s’étaient repris mardi après leur dérapage en début de semaine.

Vers 10H00 GMT le prix du baril de brut américain WTI dérapait de 3,97% à 38,00 dollars et celui du baril de Brent londonien perdait 3,18% à 39,89 dollars. Lire à partir de la source….