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Les relations troubles entre le syndicat Avenir lycéen et Jean-Michel Blanquer embarrassent

Une enquête de «Libération» parue samedi 21 novembre montre que le syndicat Avenir lycéen a été créé en décembre 2018 en lien avec les services du ministère de l’Education nationale. Les syndicats réagissent.

Début novembre, Mediapart avait déjà révélé que le syndicat Avenir lycéen avait dépensé en bouteilles de champagnes et week-ends une partie des 65.000 euros de subventions accordées par le ministère de l’Education nationale. Après la publication de l’enquête du site d’information, le ministère avait lancé une enquête administrative sur l’utilisation de cet argent public. Il a par ailleurs indiqué que le versement de la subvention de 30.000 euros allouée en 2020 à «Avenir lycéen» a avait été gelé.

Ce samedi 21 novembre, le journal Libération va plus loin et affirme que ce syndicat, à vrai dire largement inconnu, créé fin 2018 seulement, a été lancé de toutes pièces par le ministère pour servir sa cause. Le quotidien assure que «l’idée de créer cette organisation lycéenne a germé Rue de Grenelle, dans l’entourage proche de Jean-Michel Blanquer, pour servir la communication du ministre, et surtout rompre tout dialogue avec les syndicats lycéens opposés à ses réformes, notamment celle du bac».

L’article affirme que le directeur de la DGESCO (Direction générale de l’enseignement scolaire) à l’époque, Jean-Marc Huart, était lié aux responsables d’Avenir lycéen et que des rectorats participaient à l’écriture de communiqués du syndicat, favorables aux réformes du ministère. Aujourd’hui, Jean-Marc Huart est le recteur de l’Académie Nancy-Metz, et ne souhaite pas s’exprimer sur ce sujet.

L’article de Libération a provoqué un nouveau tollé des syndicats lycéens, dont certains accusent directement Jean-Michel Blanquer. Ainsi, la Fidl a dénoncé un «dévoiement total de la cause syndicale et une insulte faite aux jeunes dont le ministère aurait organisé l’étouffement de la parole face à des réformes du bac et du lycée catastrophiques». Le syndicat MNL voit lui dans Avenir lycéen, «une entreprise politique n’ayant pas hésité à manipuler certains de nos jeunes camarades lycéens (…) afin de servir les intérêts du ministre». Le MNL en profite habilement pour demander des «subventions suffisantes pour nous permettre de faire correctement notre travail de sensibilisation à la démocratie lycéenne». Quant à l’UNL, qui avait annoncé une plainte après les révélations de Mediapart, son président Mathieu Devlaminck a assuré sur Twitter qu’Avenir Lycéen était un «instrument de Blanquer» pour «faire taire» son syndicat.

Coté professeurs, le SNES (Syndicat national des enseignements du second degré), a aussi réagi par un communiqué relayé sur Twitter:

Par la voix de son co-fondateur Nathan Monteux, «Avenir lycéen» a répondu samedi à l’AFP en défendant son indépendance et son droit «à porter une autre voix que celle de l’extrême gauche syndicale». «On peut être jeunes et s’engager pour faire changer les choses et non seulement pour bloquer le pays. Notre choix a été clair: la proposition. Proposer et en finir avec l’opposition systématique», a indiqué Nathan Monteux dans un communiqué. «Personne ne nous a manipulés. À aucun moment quiconque au ministère de l’Éducation Nationale n’a «utilisé» notre mouvement», a-t-il ajouté

Les syndicats lycéens représentatifs sont subventionnés par un bureau de la DGESCO (Direction générale de l’enseignement scolaire), dirigée aujourd’hui par Édouard Geffray. Des subventions sont accordées en fonction des projets proposés, et contrôlés un an après, a posteriori. Si Avenir lycéen a reçu 65.000 euros de subventions, l’UNL a vu ses subventions fondre passant de 80.000 à 30.000 euros. Ce que dénonce ce syndicat, plutot classé à gauche.

Contacté par Le Figaro Etudiant, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer ne souhaite pas s’exprimer pour l’instant. Des élus LFI et communistes ont en outre réclamé dès vendredi soir une commission d’enquête parlementaire sur cette affaire. Lire à partir de la source….