Press "Enter" to skip to content

Evacuation du camp de migrants place de la République : deux policiers visés par des enquêtes pour « violences »

Le parquet de Paris a annoncé, mardi 24 novembre, avoir ouvert deux enquêtes relatives à des faits de « violences » à la suite de l’évacuation musclée d’un campement de migrants, en grande majorité afghans, dans la capitale. Plusieurs centaines d’entre eux s’étaient installés sur la place de la République, après une errance qui a duré plusieurs jours depuis le démantèlement d’un campement, mardi 17 novembre, à Saint-Denis, face au Stade de France.

Deux policiers sont visés pour leur comportement envers un migrant et envers un journaliste. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été chargée d’enquêter sur ces faits, qui se sont produits dans la soirée de lundi 23 novembre, en marge de l’opération menée par les forces de l’ordre.

La première enquête concerne des faits survenus dans le quartier Beaubourg à Paris : un homme vêtu de blanc, encerclé par un groupe de policiers, parvient à s’enfuir avant de chuter lourdement lorsqu’un policier en uniforme tend sa jambe sur son passage. Il se relève rapidement pour repartir en courant.

La seconde enquête concerne des faits visibles dans une vidéo diffusée sur Twitter par le journaliste Nicolas Mayart (Le Média), qui montre un policier maintenant au sol Rémy Buisine, journaliste-phare du média en ligne Brut, en brandissant sa matraque.

Selon le journaliste de Brut, qui a commenté ces images sur Twitter, c’est la « troisième fois » que le « même policier » s’en prenait à lui dans « la soirée ». Brut a assuré, mardi, sur Twitter que son journaliste avait été « molesté à plusieurs reprises ». « Ça a dérapé totalement », a estimé, mardi matin, Rémy Buisine sur Europe 1.

La défenseure des droits va se saisir des faits

Très vite, des images de violences ont été relayées sur les réseaux sociaux. Des migrants sont sortis de leur tente par la force et à coups de matraque. Gérald Darmanin a annoncé, mardi, avoir demandé à l’IGPN (la « police des polices ») de remettre « sous 48 heures » les conclusions de son enquête administrative sur les violences constatées lors de cette évacuation.

Dans un Tweet, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, s’est ému d’« images choquantes » de ce démantèlement et a demandé un « rapport circonstancié au préfet de police de Paris » Didier Lallement, qui lui a proposé « la saisine de l’IGPN sur plusieurs faits inacceptables ».

La défenseure des droits, Claire Hédon, a annoncé qu’elle se saisissait de ces faits. Plusieurs associations, parmi lesquelles Médecins du monde et le Secours catholique, ont fait part de leur intention de saisir cette instance.

Selon le parquet de Paris, deux gardes à vue pour des faits de violences et d’outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique, lors de cette évacuation, ont fait l’objet d’un classement sans suite avec rappel à la loi. Lire à partir de la source….