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Roland-Garros: Elsa Jacquemot, la nouvelle pépite du tennis féminin français

Alors que l’on marche aux alentours du court Suzanne Lenglen, au loin, un cri rauque déchire le court 14. La Française Elsa Jacquemot (17 ans) est en train de marcher sur son adversaire en demi-finale du tournoi juniors. Ce qui frappe immédiatement lorsque l’on voit jouer Elsa Jacquemot, c’est sa hargne, sa rage de vaincre et son explosivité sur chaque point, chaque frappe. La Française aime le combat et ne lâche jamais rien: “Je suis comme ça depuis toute petite, j’ai envie de gagner dès que je suis sur le terrain, j’ai besoin de montrer à l’autre que je suis présente, et cela me fait du bien de m’encourager.” Les “Come On!” made in Jacquemot fusent sur chaque point important remporté: “je fais une abréviation de Come On! C’est un remix un peu (rires)!”

Une façon de se comporter sur le terrain qui dévoile un tempérament fort: “C’est un gros caractère, quand il est orienté dans la bonne direction cela paye. C’est tout le temps dur à gérer, mais c’est normal. Nous on pense qu’elle a tout pour aller au très très haut niveau. C’est un type de caractère adapté au haut niveau mais qu’il faut gérer au jour le jour”, confie Simon Blanc, son entraineur.

Présente dans les gradins pendant la rencontre, Alexandra Fusai, responsable du suivi des jeunes joueuses de 10 à 18 ans à la FFT, apprécie cette rage de vaincre: “Elle est explosive, sa balle va très vite, elle arrive aussi à varier, détaille-t-elle. Elle possède un état d’esprit très déterminé, avec une envie et une ambition hors norme. Il y a du fighting spirit, point gagné point perdu, c’est la bagarre.”

Bénéficiaire d’une wild-card pour le tableau principal, Jacquemot, 525e mondiale, avait été éliminée d’entrée 6-2, 6-1 par la modeste mexicaine Renata Zarazua. Une première expérience dans le grand monde, qui lui servira pour la suite mais difficilement appréhendée par la Lyonnaise: “J’étais super contente d’avoir eu la wild-card mais la pression est venue d’un coup pendant mon match. Je l’ai mal gérée, j’étais super tendue, je n’ai pas très bien joué sur ce match. Grâce à cette erreur, j’ai mieux géré tout ça depuis.” De l’aveu de son coach, Simon Blanc, les jours d’après ont été difficiles: “Cela a d’abord été une bonne crise à gérer car elle a été extrêmement déçue, elle est passée complètement au travers, elle a subi l’événement comme beaucoup de jeunes qui obtiennent une invitation pour la première fois. Elle était loin de montrer ce qu’elle a en elle. Elle a mis quelques jours à s’en remettre, se relever, puis elle est repartie sur l’objectif des juniors.”

Elsa Jacquemot a battu sa première top 100 mi-septembre lors du tournoi de Cagnes-sur-Mer. Tête de série à Roland-Garros (classée 6e mondiale junior avant le tournoi), elle est en pleine progression. Elle part favorite pour la finale Junior face à la Russe Alina Charaeva. “Je suis vraiment contente, je suis super fière et excitée de pouvoir jouer cette finale, je n’ai qu’une envie c’est de la jouer. Jouer la finale ici en France c’est super cool pour une Française.” Un titre pourrait permettre à la Lyonnaise de passer un nouveau palier, elle succéderait ainsi à Kristina Mladenovic, dernière tricolore titrée en 2009 Porte d’Auteuil: “Toutes les bonnes performances, les bons souvenirs que j’ai eus par la suite chez les pros démarrent de ce gros résultat en juniors, qui m’avait permis d’acquérir énormément d’expérience, de confiance aussi, de gérer les grands moments sur les grands courts, dit Kiki Mladenovic. Je me rappelle avoir joué ma finale sur le Suzanne-Lenglen, il y avait un peu de monde. Pour ce qui est d’Elsa, je suis super contente pour elle. Il était temps. J’espère qu’elle réussira à franchir la dernière haute marche pour être la prochaine Française à avoir ce titre en junior.” Ce samedi, Elsa Jacquemot devra conquérir son premier titre sur le court 14. Peu importe l’enceinte, la Lyonnaise veut faire son chemin vers les sommets. Lire à partir de la source….