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Coronavirus : le Nord et Lille confrontés au risque d’un « engorgement sanitaire »

Des couronnes funéraires déposées devant la préfecture affublées de rubans « Je suis grossiste en boissons ». Vendredi 9 octobre, les cafetiers lillois avaient un message à faire passer : ils sont « en colère » contre la décision qui leur impose de fermer leurs établissements pour quinze jours à partir de samedi.

Désormais placée en « zone d’alerte maximale », comme Paris, face à la progression de l’épidémie de Covid-19, Lille vacille. Comment concilier, dans une ville étudiante et forcément festive, vie sociale, activité économique et sécurité sanitaire ?

En annonçant de nouvelles restrictions pour les 1,2 million d’habitants de la métropole, le ministre de la santé, Olivier Véran, a suscité à la fois l’inquiétude des restaurateurs et le désespoir des patrons d’une partie des 800 bars lillois. « Je sais que les nouvelles mesures seront coûteuses pour certaines professions », a assuré la maire socialiste Martine Aubry. Mais pour l’élue, également présidente du conseil de surveillance du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille, l’un des plus importants établissements publics de santé du Nord de l’Europe, le passage en zone d’alerte maximale est « justifié ».

Cette semaine, tous les voyants ont viré au rouge, voir au rouge vif à Lille. Les taux d’incidence dans tous les départements des Hauts-de-France s’établissent désormais à une moyenne régionale de 158,6 pour 100 000 habitants, supérieure depuis plusieurs semaines à la moyenne nationale (116,2). La situation est particulièrement préoccupante dans le Nord avec un taux qui dépasse 200 depuis trois semaines et atteint désormais 308 dans la métropole lilloise. Un infléchissement qui, selon l’agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, démontre une « très forte circulation du virus » et « une situation épidémique inquiétante ».

Cette augmentation inquiète d’autant plus l’ARS qu’elle est particulièrement marquée chez les personnes âgées, plus à risque de développer des formes graves du Covid-19. Les taux d’incidence des 60-69 ans (141,7), 70-79 ans (132,3) et 80-89 ans (173,3) dans le département du Nord sont deux fois plus élevés que les moyennes nationales. A Lille, il atteint même 276 chez les plus de 65 ans.

L’ARS est également « préoccupée » par l’augmentation continue des hospitalisations, notamment dans les services de réanimation où le taux d’occupation de patients Covid-19 a désormais dépassé les 30 %. La région a également enregistré 41 décès en une semaine (entre le 28 septembre et le 4 octobre) dont plus de la moitié dans le Nord.

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