Press "Enter" to skip to content

Prix de l’immobilier : pourquoi les villes moyennes séduisent autant

« Depuis trois, quatre mois, on se fait harceler par les clients, explique Laurent Bouly, directeur de l’agence immobilière Angers-centre. On a des acquéreurs qui fuient les grandes villes où ils ne peuvent pas investir, notamment des Parisiens, ce qui fait augmenter les prix. On vend très vite, sans négociation ».

Ce mouvement est né avant la pandémie, le virus n’a fait que l’accélérer. « Les grandes agglomérations comme Paris, Lyon Marseille, Bordeaux, Toulouse sont apparues fragiles face à la maladie, souligne Corinne Joly, la directrice du site spécialisé dans l’immobilier entre particuliers pap.fr. Toutes les infrastructures culturelles, sociales et ludiques, qui faisaient leur attrait, sont fermées. On ne retient que la propagation rapide du virus à cause d’une densité très forte. Aujourd’hui, les gens veulent une ville à échelle humaine. »

L’immobilier dans les grandes agglomérations aurait-il perdu de son attractivité au profit des villes moyennes? C’est bien ce qu’indique une étude réalisée par le site d’expertise Meilleurs Agents. Elle révèle ainsi que ces communes de moins de 200000 habitants attirent de plus en plus du fait, notamment, de leur taille et de leur plus faible densité que dans les grandes métropoles.

Pour bien comprendre pourquoi ces communes sont si recherchées, il faut revenir aux trois piliers sur lesquels repose le marché immobilier. « Ces villes ont une forte démographie, une économie locale dynamique et de nombreuses infrastructures, analyse Thomas Lefebvre, directeur scientifique chez Meilleurs Agents. Ces trois indicateurs sont en hausse et c’est ce qui explique la vitalité de leur marché immobilier. »

L’autre point séduisant : la distance par rapport à la capitale. « Avec le développement du télétravail, plus besoin d’être au bureau tous les jours, poursuit l’expert. Des villes comme Angers, Rouen, Orléans, Reims, Dijon sont à moins d’une heure trente de la capitale. »

Ce que confirme Corinne Joly : « Le critère de la localisation par rapport au bureau n’est plus primordial. C’est surtout la qualité du bien (taille, espace extérieur, environnement…) qui prime. »

Cela se vérifie avec Rouen, par exemple. « Nous sommes à 1h10 de Paris, les prix sont moins élevés et la ville a de très bonnes infrastructures, insiste Benoît Turrin, directeur de l’agence Arthurimmo-Rouen. Il y a un centre historique, une gare, des campus, un gros centre hospitalier… Dans les quartiers résidentiels rive droite, on trouve une belle maison cossue près de la gare pour moins de 600000 euros. » Dans les grandes villes, c’est mission impossible à ce prix-là.

Si d’autres villes plus éloignées connaissent un réel succès, c’est aussi grâce aux politiques menées. « Cet été, des campagnes de pub ont incité les gens à venir s’installer à Clermont-Ferrand ou encore à Limoges qui enregistrent respectivement +93% et +133% de recherches par rapport à septembre 2019, détaille Corinne Joly. Visiblement, cela a bien fonctionné. »

A Dijon, on mise sur l’aspect écolo et familial. « La ville a été candidate pour être Capitale verte européenne 2022, s’enthousiasme Nicolas Ferrara, directeur de l’agence Carrez immobilier à Dijon. Nous avons aussi le tramway, une rocade entre le sud et l’ouest qui a facilité le trafic, un grand centre hospitalier… Le centre-ville est entretenu avec une belle zone piétonne, c’est très agréable. »

Dans la majorité de ces communes, on note un indice de tension immobilière (ITI) supérieur à 10% contre 2% en France. Cela signifie qu’il y a 10% d’acheteurs de plus que de vendeurs. Ainsi Rouen est à 17%, Grenoble à 16%, Orléans à 13% et Angers à 12%. De quoi garder un marché dynamique.

Enfin, n’oublions pas non plus un pouvoir d’achat immobilier qui permet d’acquérir des surfaces très différentes en fonction des villes. Ainsi en prenant le tiers du salaire médian de chaque commune, soit 33% d’endettement, les ménages peuvent acheter 70 mètres carrés à Angers, 91 mètres carrés à Poitiers, voire 117 mètres carrés à Quimper… Mais seulement 20 mètres carrés à Paris. « Grâce à des taux d’intérêt bas, les gens n’hésitent pas à s’endetter et préfèrent donc acheter que louer ». Lire à partir de la source….