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La mairie de Lille adopte un moratoire sur la 5G

Le conseil municipal de Lille a adopté dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre un moratoire sur le déploiement de la 5G, lequel prévoit de de surseoir à « toute autorisation » d’installation d’antennes tant que l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) n’aura pas publié son rapport sur le sujet (prévu pour 2021).

Martine Aubry, maire de Lille, a partagé cette motion instituée par la majorité municipale sur Twitter, et a affirmé qu’« il [était] urgent d’attendre ».

« Les rapports officiels publiés ces derniers mois (…) ne permettent toujours pas aux instances les plus compétentes d’exclure tout risque réel sur les populations en lien avec l’exposition à cette nouvelle technologie », explique le texte, qui s’interroge aussi quant au « haut niveau des investissements induits » dans le « contexte financier difficile » lié à l’épidémie de Covid-19, ou encore à « l’utilité réelle » de cette technologie, laquelle accentue l’obsolescence des appareils électroniques existants.

La motion adoptée prévoit de surseoir, sur le territoire de la commune, « à toute autorisation d’implantation ou d’allumage d’antennes test liées à la technologie 5G, (…) au moins jusqu’à la publication du rapport attendu en 2021 de l’Anses ». Les élus du groupe Lille en commun demandent à la métropole européenne de Lille (MEL) de prendre « une position similaire ».

Mi-septembre, avant le lancement des enchères pour les premières fréquences 5G aux opérateurs français, près de 70 élus de gauche et écologistes avaient publié une tribune dans le JDD, laquelle demandait un moratoire contre le déploiement national de la 5G. Parmi les signataires figuraient la maire de Marseille, Michèle Rubirola, ainsi que les nouveaux maires écologistes de plusieurs grandes villes tels Jeanne Barseghian (Strasbourg), Pierre Hurmic (Bordeaux), Anne Vignot (Besançon) ou Eric Piolle (Grenoble) – mais pas la maire de Lille, Martine Aubry.

Plusieurs collectivités locales, comme l’Asssemblée de Corse en août, la métropole de Bordeaux fin septembre ou la municipalité de Saint-Herblain, près de Nantes, le 9 octobre, avaient déjà adopté des moratoires sur le déploiement de la 5G, actuellement en cours d’expérimentation dans plusieurs grandes villes. A priori, ces motions sont attaquables juridiquement, car le déploiement de la 5G dépasse les compétences des autorités locales. Il s’agit cependant – et avant tout – d’ouvrir le débat sur cette nouvelle technologie. Lire à partir de la source….