Press "Enter" to skip to content

PHOTOS – Au Mans, deux manifestations s’opposent au sujet de la …

Un important dispositif de maintien de l’ordre a été déployé pour éviter les échauffourées entre militants anti-PMA pour toutes et collectifs de défense des droits des femmes et des personnes LGBT+, place du Jet d’eau, au Mans, ce samedi 10 octobre.

Au Mans, environ 250 militants ont répondu à l’appel du collectif Marchons enfants contre la PMA pour toute et, plus généralement, le projet de loi bioéthique.

Comme dans une soixantaine d’autres villes françaises, le collectif Marchons enfants a organisé une manifestation anti-PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes au Mans, ce samedi 10 octobre 2020. Le rassemblement a eu lieu place du Jet d’eau, car la préfecture de la Sarthe avait interdit l’accès aux manifestants à la place de la République (déjà occupée par un barnum de Faites lire). Le but était d’éviter les affrontements avec les militants de la contre-manifestation à l’appel des collectifs féministes et LGBT+ (personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres, queers, intersexes et asexuelles).

Une centaine de CRS est venue assurer la séparation entre les deux rassemblements. Il n’y a pas eu d’échauffourées. Un homme a été interpellé alors qu’il tentait d’arracher des affiches du collectif Marchons enfants. Il n’y aura pas de poursuite contre lui, selon la police.

Environ 250 personnes se sont rassemblées sous les banderoles “PMA sans père, c’est non” et “Papa t’es où ?”, sous des drapeaux verts “Liberté Egalité Fraternité”. Parmi elles, des Sarthois, mais aussi des Mayennais et des Ornais. Le point de crispation : l’absence de figure paternelle dans une PMA pour femmes lesbiennes ou célibataires. “La loi n’est pas là pour créer une situation au détriment de l’enfant”, souligne François-Xavier Flichy, délégué départemental de l’association anti-avortement Alliance Vita. “Le rôle de l’Etat, c’est de défendre celui qui ne peut pas parler, le plus faible, le plus fragile.”

Aux slogans de Marchons enfants répondent les sifflets et les hués de la contre-manifestation. Une centaine de personnes, majoritairement des adolescents et des jeunes adultes, parmi lesquelles Stéphanie, 46 ans, et ses deux filles. Elles se sont arrêtées sur le chemin du cinéma. Stéphanie élève seule ses deux filles de pères différents. “Il y a tellement de situations où il n’y a pas de père, parce qu’il est violent, incestueux ou décédé, donc pourquoi on ne pourrait pas élever son enfant toute seule, PMA ou pas PMA ?” s’interroge la maman. Stéphanie s’insurge aussi du fait que les personnes prenant le micro dans l’autre manifestation ne soient presque exclusivement que des hommes : “C’est le ventre des femmes, ce n’est pas le leur.”

Le projet de loi doit encore être examiné par le Sénat

François-Xavier Flichy tient à faire la différence entre les pères perdus “par accident” et les donneurs de sperme. Une position partagée par Philippe Turenne, responsable de la Manif pour tous en Sarthe, qui refuse le terme de donneur de sperme et lui préfère celui de père : “Non seulement on va priver l’enfant de son père, mais on va lui mentir, en lui disant qu’il a deux mères, ce qui est faux.”

Le militant voit dans le projet de loi bioéthique, adopté en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 31 juillet, une première étape avant d’autres textes. “Si la PMA pour toutes les femmes passe, les hommes vont demander la GPA [gestation pour autrui], il n’y aura même pas besoin de loi”, croit savoir Philippe Turenne.

Pour l’instant la loi bioéthique n’a pas été promulguée. Elle doit encore passer devant le Sénat et ce ne sera peut-être pas avant janvier 2021. Lire à partir de la source….