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Le duo électro Daft Punk, ambassadeur de la "French touch" dans le …

Daft Punk débranche. Le duo français de musique électronique le plus célèbre au monde a annoncé, lundi 22 février, sa séparation dans une vidéo énigmatique mise en ligne sur son compte YouTube. Tirées du film Electroma que Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homen Christo ont sorti en 2007, ces images titrées Epilogue montrent l’un des deux hommes robots se faisant sauter sous les yeux de l’autre, avant que ne résonnent des choeurs élégiaques sur des images de coucher de soleil.

Contactée par l’AFP et le site américain Pichfork, Kathryn Frazier, l’agent historique du duo ambassadeur du courant de la “French touch” dans le monde a confirmé la séparation du groupe, sans en donner la raison. Un vrai clap de fin pour Thomas Bangalter, 46 ans et Guy-Manuel de Homem Christo, 47 ans et pas une de ces énièmes rumeurs comme il en a tant couru sur leur retour ces dernières années – la dernière en date assurait qu’ils feraient une apparition à la mi-temps du Superbowl.

Daft Punk a marqué l’époque de son empreinte

Depuis la sortie en mai 2013 puis le succès mondial vertigineux de leur dernier album Random Access Memories, qui a obtenu cinq Grammys en janvier 2014, dont Album de l’Année, Meilleur album dance/electro de l’année et Meilleur enregistrement de l’année pour le tube Get Lucky avec Pharrell Williams et le guitariste de Chic Nile Rodgers, les fans attendaient un nouveau disque de Daft Punk.

Faute d’album, ils ont collaboré à plusieurs titres de l’album Yeezus de Kanye West, puis avec The Weeknd sur les singles Starboy et I Feel it coming, et donné enfin un joli coup de pouce au groupe australien Parcels en co-signant et produisant leur titre Overnight en 2017.

Daft Punk (Thomas Bangalter au premier plan et Guy-Manuel de Homem Christo au second plan) en septembre 1995 à Londres (Angleterre). (PIERS ALLARDYCE / REX F/ SIPA)

Formé en 1993 après une rencontre sur les bancs du lycée, Daft Punk a sorti quatre albums depuis 1997, Homework, Discovery, Human After All et Random Access Memories. Quatre albums majeurs avec lesquels ils ont innové et se sont chaque fois renouvelés, marquant fortement l’époque de leur empreinte, et inspirant avec leur univers singulier bien au-delà du champ musical.

“Nous avons toujours essayé de créer un univers musical, visuel et esthétique global. Dans notre travail, la musique n’a pas une place aussi centrale que chez la plupart des autres groupes. (…) Nous avons toujours voulu nous inscrire dans une démarche plus large que celle de musiciens enchaînant mécaniquement les albums et les tournées”, expliquaient-ils en 2007 au magazine Tsugi.

Du côté de la scène, Thomas Bangalter et Guy-Man de Homem Christo ont aussi innové, créant un véritable show en son et lumières, le plus mémorable étant celui de Coachella en 2006, avec la pyramide lumineuse, qui reste comme un des meilleurs de tous les temps pour de nombreux témoins. Ce show a poussé les musiciens électroniques, jusqu’alors assez frustes sur scène, à travailler davantage l’aspect scénographique de leurs shows, qu’il s’agisse d’Etienne de Crécy et son Cube ou de Vitalic avec les Led de sa tournée V Mirror.

Les casques nous ont “permis de garder notre âme d’enfant”

Bien qu’ils soient considérés comme les porte-flambeaux de la French Touch, à raison puisque leur succès avec Homework a servi de tremplin à toute une vague de formations françaises (Air, Cassius, Superdiscount d’Etienne de Crécy etc), beaucoup de personnes dans le monde se figurent que ce duo sans visage, et avare d’entretiens dans les médias, est américain.

Sur les raisons de leur désir d’anonymat physique, survenu très tôt, ils expliquaient d’abord avoir choisi de pouvoir sortir sans être reconnus ni assaillis. Mais cette démarche est devenue artistique avec le temps. Les casques de robots “c’est une sorte de micromythologie qui est une construction divertissante. Ce qui pouvait être une démarche strictement personnelle, idéologique ou politique, est devenu une démarche artistique”, expliquaient-ils au Matin de Genève en novembre 2007.

“Ça nous a permis de garder notre âme d’enfant. Et c’est plus apte à faire rêver les gens que nos visages. On a réussi à travailler sur une sorte de culte de notre projet artistique mais en éliminant tout culte de la personnalité.” On applaudit. Lire à partir de la source….