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A La Réunion, un an ferme requis contre l’ancien maire de Saint-Paul

Trois ans de prison, dont un an ferme, et dix ans d’inéligibilité ont été requis, vendredi 9 octobre, contre l’ancien maire de Saint-Paul (deuxième ville de La Réunion avec plus de 110 000 habitants), ainsi que contre sa fille. Joseph Sinimalé (Les Républicains, LR) et Sandra Sinimalé, adjointe et conseillère départementale, sont poursuivis devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis (de la Réunion) pour « prise illégale d’intérêts » et « détournement de fonds publics ». Deux élus devenus rivaux, déjà affaiblis par le poids des affaires judiciaires, et qui ont essuyé chacun de leur côté une véritable débâcle lors des dernières municipales.

Après sa victoire en 2014, Joseph Sinimalé, 77 ans, avait embauché son gendre comme chauffeur. Celui-ci, contre lequel trois ans avec sursis ont été demandés, a obtenu une rémunération rehaussée sans lien avec ses fonctions ou son expérience, ainsi que diverses primes. La chambre régionale des comptes a dénoncé, lors d’un contrôle de gestion, le fait que son poste ait été pourvu sans respecter les règles de recrutement, tout comme le fait que l’intéressé ait bénéficié d’une titularisation très rapide. Les arrêtés de nomination avaient été en outre signés par sa compagne, la fille du maire, alors chargée du personnel communal. En 2016, le gendre avait poursuivi son ascension au sein de la mairie en entrant au cabinet dirigé par le neveu de Joseph Sinimalé.

En raison de tensions politiques entre le maire et sa fille, le gendre a ensuite quitté le cabinet et bénéficié d’une formation pour devenir « responsable d’entreprise agricole ». Un employé communal a dénoncé le coût d’une telle formation, laquelle aura englouti la quasi-totalité du budget annuel de formation de la commune. Le prévenu est également poursuivi pour avoir utilisé une voiture du parc municipal à des fins personnelles.

Joseph Sinimalé a déjà été maire de Saint-Paul entre 1994 et 1999. Il avait dû démissionner à la suite d’une précédente affaire. Son casier judiciaire comporte dix condamnations liées à des affaires de gestion de fonds publics entre 1999 et 2005. L’ancien élu avait alors été incarcéré dix-huit mois et condamné à cinq ans d’inéligibilité. Il avait effectué son retour politique en 2014. Sa fille Sandra, elle, connaît d’autres déboires judiciaires. Elle sera jugée en appel en mars 2021 après avoir été condamnée à cinq ans d’inéligibilité, six mois avec sursis et 30 000 euros d’amende pour s’être vue gratifiée d’un poste fictif de directrice de cabinet dans un établissement public rémunéré 6 000 euros par mois, en échange de l’emploi du président de la même structure à la mairie de Saint-Paul.

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