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Crise sanitaire : la révolte gronde dans le nord de l’Angleterre

La colère gronde dans le nord de l’Angleterre. De Manchester à Newcastle, en passant par Liverpool ou Sheffield, cette vaste région, pauvre et populeuse, refuse le traitement que lui réserve Londres, qui s’apprête à lui imposer un quasi-reconfinement alors que les taux d’infections y sont à nouveau repartis très fortement à la hausse.

Lors d’une conférence de presse en ligne commune, samedi 10 octobre, Andy Burnham, maire du Greater Manchester (agglomération de Manchester), Jamie Driscoll, maire de North of Tyne (une région à l’est englobant Newcastle), et Dan Jarvis, maire de Sheffield, ont refusé en bloc le plan de soutien financier rendu public la veille par le chancelier de l’Echiquier, Rishi Sunak. Ce dernier propose que les employés des commerces obligés de fermer par le gouvernement soient indemnisés à hauteur des deux tiers de leur salaire, alors que Boris Johnson pourrait annoncer lundi la fermeture des restaurants, pubs, cafés dans le nord de l’Angleterre.

« Ce dispositif est insuffisant pour protéger nos communautés. Si vous travaillez dans un bar ou dans un pub, avec le plus souvent le salaire minimum, comment pouvez vous vivre avec seulement deux tiers de votre revenu ? Vous ne pouvez pas ne payer que les deux tiers de votre loyer et de vos factures ! », a protesté le très médiatique Andy Burnham, devenu ces derniers mois l’un des principaux porte-parole des « Northerners ».

« Nous n’acceptons pas ce paquet financier », a ajouté ce membre du parti travailliste, qui a aussi menacé d’engager des actions légales contre le gouvernement si le dispositif de M. Sunak n’est pas amendé à la Chambre des communes. Steve Rotheram, le maire de Liverpool, avait estimé que la compensation devait être d’« au moins 80 % des revenus des gens » et que le gouvernement, à Londres, ne peut pas imposer un reconfinement « au rabais ».

Ces élus sont d’autant plus inquiets que leurs villes et régions, poumons industriels du pays jusque dans les années 1980, dépendent aujourd’hui beaucoup du secteur hôtelier et qu’un nouveau confinement, sans compensations adéquates, risque d’entraîner des dizaines de milliers de pertes d’emploi. « Manchester s’est complètement transformé ces vingt dernières années. Avant on y allait à la rigueur pour le football, c’est devenu une ville centrée autour du tourisme. Le nombre d’hôtels dans l’agglomération a triplé en dix à quinze ans », souligne ainsi Thom Hetherington, organisateur de plusieurs foires commerciales et artistiques dans la métropole (NRB Manchester ou McArtFair).

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