Press "Enter" to skip to content

Kirghizistan : l’ancien président de nouveau arrêté, un nouveau premier ministre nommé

L’ancien président du Kirghizistan Almazbek Atambaïev, libéré de prison mardi par des manifestants, a de nouveau été arrêté samedi 10 octobre, a annoncé le Comité de sécurité nationale du pays, confirmant une information de la porte-parole de l’ancien président. Dans un communiqué, le Comité a expliqué que l’ex-dirigeant du pays, au pouvoir entre 2011 et 2017, était soupçonné d’avoir organisé des troubles massifs à l’ordre public, et que « d’autres complices de ce crime » allaient être identifiés et arrêtés.

Almazbek Atambaïev a été libéré de prison mardi par ses sympathisants alors qu’il purgeait une peine de onze ans pour avoir fait relâcher un chef mafieux incarcéré, ce qu’il avait dénoncé comme un règlement de comptes politique.

Le président actuel, Sooronbaï Jeenbekov, un ancien allié de M. Atambaïev qui s’est retourné contre lui, a ordonné vendredi l’état d’urgence, et fait appel à l’armée pour rétablir l’ordre dans la capitale du pays, Bichkek, après des affrontements entre des groupes d’opposition ayant fait cinq blessés. Contesté dans la rue depuis lundi, M. Jeenbekov s’était dit prêt à démissionner mais seulement quand l’ordre public serait rétabli.

Samedi, le nationaliste Sadyr Japarov, libéré de prison quelques jours plus tôt mais que des membres de l’opposition accusent d’être de connivence avec le président, a été désigné au poste de premier ministre par le Parlement national – il était le seul candidat. Il a déclaré au Parlement que le président Sooronbaï Jeenbekov avait confirmé son intention de démissionner une fois qu’un nouveau gouvernement serait formé.

« Je l’ai rencontré à la résidence d’Etat. Il a dit qu’après la confirmation du gouvernement, il démissionnerait », a déclaré M. Japarov au moment de sa nomination, selon l’Agence France-Presse.

La crise politique au Kirghizistan est née après des législatives marquées par des accusations de fraude. Elles ont été annulées depuis, mais sans mettre fin à la confusion. Lundi, des affrontements entre policiers et manifestants ont fait un mort et plus d’un millier de blessés. Dans la foulée, les manifestants avaient fait libérer de prison M. Atambaïev ainsi que plusieurs autres hommes politiques.

La même nuit, Sadyr Japarov, qui purgeait une peine de onze ans et demi de prison pour une tentative de prise d’otage sur un gouverneur régional en 2013, avait été libéré par ses partisans. Un tribunal a annulé cette semaine sa condamnation.

La crise fait craindre une flambée de violences au Kirghizistan, considéré comme un îlot de pluralisme dans une région où les régimes autoritaires sont la règle. Cette ex-république soviétique a déjà connu deux révolutions et vu trois de ses présidents emprisonnés ou exilés depuis son indépendance.

Cette situation inquiète la Russie, puissance régionale disposant d’une base militaire au Kirghizistan, et qui a déjà fort à faire avec la guerre dans le Haut-Karabakh et les manifestations anti-Loukachenko en Biélorussie. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’est dit vendredi « très préoccupé », voyant dans la crise « des éléments de chaos évidents » et soulignant sa « complexité et sa confusion ». Lire à partir de la source….